AMHE Newsletter # 372
- Dr. Maxime J. Coles

- Aug 28
- 79 min read

Table of Content of the AMHE Newsletter # 372
1- Words of the Editor-in-Chief : Acquired Cyclosporiasis
2- Maxime J-M Coles MD : La Lepre
3- Rony Jean Mary MD : QUI ENVERRAI-JE ? — LE CRI D’UN PEUPLE ENTRE L’EXIL ET L’ESPÉRANCE
4- Reynald Altema MD : LE CAÏD.
5- Bertrand Laurent : Why Did Medieval Courts Put Animals on Trial?
6- Aldy Castor MD : Haiti’s Hair and Identity: From Straightening Comb to Lace - A Diaspora in Haiti
6- Requiem AMHE: Jean Eddy Bien-Aime MD, Georges Edouard MD, Claude Pean MD, Charles Pouponneau MD, Jacques Vital-Herne MD.
7- Maxime J-M Coles MD: A Mes Amis Disparus
7- AMHE News, Resident-Program, Teaching and Medical Missions in Haiti, Report Vice President AMHE Yasmine Titus-Pompey MD on Convention, Keynote Speaker, AMHE Foundation, AMHE Chapters
8- Coin des Lecteurs: David Walmer MD, and other comments
9- Frantz Bonnaire Fils MD: The Emergency Department as Social Infrastructure in the United States
9- Rony Jean Marie MD: LE PÈLERINAGE DE LA MÉMOIRE
11- Darlyne Christy Janvier MD, DNP: Quantum Mechanics, Medicine and AI
12- Georges Dubuche MD: Keynote speech Promotion Jean Price Mars 1976
13- Louis Frank Telemaque MD : Info Gazette Medical
14- Jean Serge Dorismond MD: Les idées se changent en vraies forces naturelles,
15- Maxime J-M Coles MD : Le silence du Guerrier
16- Poeme d'auteur inconnu... Sur l'age et la Vieillesse
Editorial Board
Maxime J-M Coles MD
Rony Jean Mary MD
Reynald Altema MD
Yasmine Titus Pompey MD
Fahimy Saoud MD

Acquired Cyclosporiasis
The Center for Disease Control and Prevention (CDC) has recently notified clinicians, public health practitioners and laboratorians of cases of domestically acquired cyclosporiasis in multiple U S States.
They received reports from different states that disease has reached around 1645 confirmed cases while more than 5000 were expecting further analysis to secure the diagnosis of acquired Cyclosporiasis. Hundreds were hospitalized but none have died. Investigations are ongoing to try to find out the sources of the illness.
Although we know that such disease is surely under reported or underdiagnosed, we believe that the problem is more serious than it appears and one should be more careful in the choice of their meals to avoid the contamination.
Cyclosporiasis is a gastrointestinal illness caused by a microscopic parasite called “Cyclospora”. One can become infected by consuming food and fruits or ingesting contaminated water with parasites. Ongoing outbreaks of diarrhea causing this illness are possibly linked to fresh lettuce or vegetables purchased at your grocery store as it was discovered in the past.
The CDC believes that such infection is generally seen during a typical season, extending from a period starting at the beginning of May and ending at the beginning of September, during spring and extending to the summer season. Previous outbreaks are known to be related to lettuce consummation and fresh fruits purchased at the grocery store.
People can become infected by eating produces containing the microscopic parasite “Cyclospora”, responsible of the disease which does not spread directly from person to person, Symptoms begin one week after exposure, two days to two weeks after ingestion with a common symptom of watery diarrhea with a loss of appetite, bloating, loss of weight, nausea , fatigue with low grade fever and vomiting. The disease can be severe, but, generally, it is not life-threatening but may become complicated with signs of malnutrition, cholecystitis and reactive joint pain. In the laboratory, it is essential to isolate the Cyclospora in the stool although it may be difficult to discover the eggs or the parasite itself.
34 states have reported the disease in people with a confirmed diagnosis of acquired cyclosporiasis after eating food. Only a small number require hospitalization in around 400 cases.
It is recommended to the treating physicians to consider such diagnosis in patients presenting with signs of prolonged or relapsing watery diarrhea during the spring and summer months (May to August), considered as “cyclosporiasis season”. Look for any recent food ingestion and perhaps travelling and request for Cyclosporiasis test to look for the parasites or the ova. Consider also, a molecular diagnostic testing (PCR base).
Initiate treatment if any case of cyclosporiasis is diagnosed, with 7 to 10 days of trimethoprim-sulfamethoxazole (TMP-SMX) medication for immunocompetent adults and children over the age of 2 months. If a patient is immune compromised, it is suggested to offer a longer course of treatment.
Patients need to be encouraged to stay well hydrated, especially if diarrhea is profuse and severe.
Person to person transmission is unlikely, given the cycle of the Cyclospora, but if an infected patient is continent of stools, he will present a small risk for environmental contamination. Although, the cyclosporas can be killed or inactivated by routine chemical disinfection, when an affected patient is incontinent or treated in diapers, the risk of contamination can certainly increase, and surfaces should be cleaned with a detergent to remove any visible soil and scrub thoroughly with additional disinfectant after cleaning. Gloves used should be destroyed and hands thoroughly washed…
Standard precautions using gloves when in contact with feces, Gown, face mask and eye-shield are required with hand hygiene before and after cleaning and repeat the procedure for each patient.
It is important also to communicate with the local physicians and the different laboratories and report any confirmed cyclosporiasis diagnosis to the CDC to support a national surveillance.
Maxime J-M Coles MD
Boca Raton Fl

La Lepre (Maladie de Hansen)
Un article récemment publie dans les journaux haïtiens discute de cinq récents cas de Lepre découverts et confirmes à Gonaïves dans la vallée de l’Artibonite et deux autres à Marigot. Ce qui a poussé les autorités à stipuler que les cas de Lepre se multipliaient dans notre pays. Il est encore bruit que 18 patients ont encore beneficie du traitement, ce qui a commencé à inquiéter le ministère de la Sante.
La Lepre ou la maladie de Hansen a pendant longtemps été considérée comme une maladie hautement contagieuse. Elle fait un peu plus de 200 victimes aux USA et un quart de million de victimes dans le monde entier. Nous savons maintenant qu’elle peut être facilement traitée et contrôlée, surtout quand des mesures de précautions sont bien suivies pour éviter sa propagation. De nos jours, une fois son traitement entame, il n’est plus besoin d’isoler les patients qui souffrent de la maladie.
La lèpre est certes une infection, causée par une bactérie : Mycobacterium leprae ou Mycobacterium Lipomatoses. Cette maladie affecte la peau, les nerfs et les yeux. Ceux qui en souffrent peuvent arriver à perdre toute sensation du toucher et développer des zones insensibles qui demandent protection pour éviter des accidents secondaires surtout quand ils / elles font la cuisson… pour éviter des brulures. Un de mes professeurs aimait a decrire cette maladie comme une maladie des nerfs car il était un spécialiste de la main et prenait soin de patients avec des déformités de la main due à la paralysie des muscles intrinsèques (main en griffes), des lésions cutanées, une neuropathie, une faiblesse musculaire jonglée de paralysies partielles surtout des membres, alors que s’installe une insensibilité à éprouver la douleur.

Plaques decolorees de la peau
Il devient important de minimiser des contacts proches et prolonges pour ne pas attraper la maladie. Souvent, ces patients vivent dans une pauvreté absolue. La lèpre ou maladie de Hansen tient son nom d’un médecin Norvégien, Gerhard Armauer Hansen qui aurait décrit une infection chronique attaquant les nerfs, le système respiratoire, la peau et les yeux. Cette maladie peut montrer ses premiers symptômes en une année et perdurer pour plus de 25 années.
La majorité de personnes qui fréquentent des lépreux, ne succomberont pas a la maladie quantitativement, mais un petit pourcentage de 5% peuvent s’avérer infortunés… ce qui démontre une faible pathogénicité à attraper la maladie.
La contamination se fait par contacts directs avec des secrétions nasales ou à travers les gouttelettes transmises lors d’une toux chez un lépreux. La maladie n’est pas transmise de mère a bebe durant une grossesse ou lors d’un contact sexuel. Il y a cependant, deux formes de maladie, une « paucibacillaire » et une « multi- bacillaire » qui se mesurent par le nombre de plaques de bactéries, généralement hypo pigmentées et assensibles, eparpillees sur le corps. Un patient qui démontre quatre ou cinq lésions de peau, presente une forme dite paucibacillaire alors qu’avec plus de lésions, on la décrirait comme multi bacillaire. Il devient plus facile de confirmer le diagnostic par une biopsie de la lésion cutanée et de démontrer la présence du bacille acido-résistant (acid-fast) sur les plaques.
Une fois le diagnostic confirme, la maladie paucibacillaire peut se traiter en six mois par des médicaments comme Dapsone, Rifampicine et Clofazimine alors que la forme multi-bacillaire peut prendre plus longtemps et jusqu’a une année ou plus pour disparaitre. Il existe aussi d’autres antibiotiques que la " WHO : World Health Organisation" recommande alors qu’elle s’assure de les distribuer gratuitement.
Pendant longtemps, cette maladie était considérée comme extrêmement contagieuse, réclamant une isolation forcée dans des camps de lépreux, mais de nos jours, un patient peut facilement en souffrir et recevoir le traitement tout en étant capable de vaquer à ses occupations journalières, en se rendant à l’école ou au travail. Une fois sous traitement, la maladie peut être bien contrôlée.
Des films épiques (Ben-Hur) ont relaté des faits d’histoire sainte ou Jesus guérissait les mendiants qui se présentaient sur son chemin, avec des maladies de peau et surement aussi des lépreux. Moise lui-même a eu une déformation de la main et est descendu de la montagne, guéri de sa déformation, à la suite du contact avec le « brasier ardent », sur la montagne. Ces faits sont bien relatés dans les vers bibliques de Ex 4 :7 (Exodus 4 :7). Il semble que Moise avait acquis des déformations des mains parce qu’il souffrait de la Lepre. Dieu lui aurait ordonné d’introduire la main à deux reprises dans le brasier. Il en est sorti guéri.
Si en 1980, des millions de cas de Lepre ont été reportes dans la littérature, maintenant, une quarantaine d’années plus tard, il n’y a seulement que 200,000 victimes à travers le monde, souffrant encore de cette maladie, spécialement dans un pays comme l’Inde. De nos jours, rare sont les pays qui continuent à adopter la politique des « Colonies de Lépreux » comme la Chine, la Thaïlande, le Japon, les Philippines et quelques pays d’Afrique comme Madagascar et Mozambique pour les isoler du public. Toujours est-il qu’il est rapporté que près de 18 millions de Lépreux ont pu bénéficier des traitements actuels, et ont guéri de tous les maux.
L’histoire de la Lepre est aussi bien documentée à travers les temps et le terme « Lepra » nous vient du grec ». Cette maladie est parfois classifiée comme une maladie négligée dans le monde, ce qui a poussé certains à créer un « Jour Mondial de la Lepre » en 1954 pour faciliter l’étude et le traitement de la Lepre, en 1954. Le terme « Léprologie » a été aussi adopte pour faciliter son étude. Le terme « Lepre » nous vient du mot grecque "λέπος (lépos) – peau" and "λεπερός (leperós) – homme écailleux".
Il y a des signes communs dans les deux formes comme la rhinorrhée, la sècheresse du cuir chevelu, des troubles de vision, une faiblesse musculaire, une rougeur ou un épaississement de la peau surtout au visage, a l’entour des oreilles et des mains, Bientôt, une perte de sensation s'installe dans les doigts et les orteils, secondairement a un épaississement des nerfs périphériques. Souvent, un aplatissement du nez est note, par suite d’une destruction du cartilage nasal, imposant des variations dans l’intonation et la profondeur de la voix. Parfois aussi, une atrophie des testicules couplée d’une dysfonction érectile, peuvent compléter le tableau clinique.

Facies Léonin et déformation des oreilles
La Lepre a une longue periode d’incubation d’à peu près 5 années et les signes cliniques peuvent apparaitre a differents moments avec généralement, la présence de plaques décolorées sur la peau, souvent insensibles à la température ou à la douleur. Ces plaques peuvent précéder ou succéder une atteinte des nerfs périphériques dans les mains ou les pieds, facilitant des infections secondaires bactériales ou virales qui produisent une perte de cartilage articulaire capable de raccourcir les orteils ou les doigts en détruisant les tissus ou en les déformant. Dans ces petites articulations, le cartilage articulaire est facilement réabsorbé.
Un tiers des patients souffrant de la Lepre, peuvent avoir des atteintes de nerfs périphériques qui parfois régressent ou disparaissent une fois le traitement initié tres tôt dans le cours de la maladie, mais ces lésions nerveuses peuvent devenir permanentes si le traitement est tardif. L’atteinte nerveuse peut causer une perte de la fonction musculaire, jusqu’à une paralysie aussi bien qu’une perte de sensation, menant à un cercle vicieux d’ulcérations, infections et de déformations des articulations.

Mycobacterium leprae et Mycobacterium lepromatosis
Une biopsie des lésions cutanées confirme les agents pathogènes de la Lepre : Mycobacterium leprae et Mycobacterium lepromatosis, deux acide-alcool résistantes bactéries qui sont démontrées en rouge sur cette lame teintée de la solution Ziehl-Neelsen. La bactérie Mycobacterium lepromatosis a récemment été isolée en 2008, sur le cadavre d’un lépreux, mais les deux bactéries sont similaires, à la différence que la forme « Lepra » est aérobic en forme de bâtonnets avec l’enveloppe typique de cire du genre mycobacterium.
Toutefois, les deux bactéries sont des pathogènes intracellulaires qui ne peuvent pas être cultivées en dehors du tissu de l’hôte.
Pour les cultiver, il suffit d’utiliser un animal de recherche comme les armadilles qui semble-t-il, auraient été à l’origine de cette maladie, quelques centaines d’années de cela, alors qu’ils sont rentrés en contact avec les premiers explorateurs Européens en Amérique. C’est la raison pour laquelle la Lepre est considérée comme une maladie zoonotique (zoonose). D’autres animaux comme les souris peuvent être utilisées aussi au Laboratoire pour faciliter la culture de ces deux bactéries.
La lèpre a aussi été reportée chez des animaux comme les chimpanzés et les macaques mais surtout chez les écureuils rouges (Sciurus vulgaris) qui possiblement devinrent infectes durant les échanges de fourrures avec des trappeurs, à l’époque médiévale en Europe. Il est reporté qu’un crane datant de l’ère pré-Normande, a été découvert en 2017 sur l’ile Brownsea UK et que des traces de DNA étaient comparables au DNA de la Mycobactérie de la Lepre… ce qui a permis d’identifier la présence de la maladie sur cette ile qui est aussi réputée pour être le lieu de naissance du Scoutisme avec Baden Powell.
Il y a des risques de propagation de la maladie surtout quand quelqu’un est expose à la maladie ou quand quelqu’un vit dans la pauvreté. Toutes conditions qui diminuent les fonctions immunes, des maladies chroniques, la malnutrition ou autres mutations génétiques peuvent augmenter les risques de devenir susceptible à attraper la maladie. Il semble aussi que certaines personnes exposées, aurait pu avoir des facteurs génétiques, leur permettant de développer une forme tuberculoïde ou lépromateuse de la maladie.
La transmission de la Lepre se fait lors des contacts intimes et répétés à travers le système respiratoire alors qu’il était suggéré que la route principale de transmission était la peau au paravant. Elle se fait après l’inhalation des bacilles à travers les secrétions du système respiratoire. Nous voulons encore insiste sur le fait que la Lepre ne peut en aucun cas, s’attraper sexuellement ni que la maladie peut se transmettre à travers le placenta. Nous avons déjà souligné que la majorité (95%) des gens exposes à la Mycobactérie de la Lepre, ne développe pas la maladie et elle ne s’attrape pas non plus en se serrant la main ou en s’asseyant aux cotes d’un lépreux. Cependant, une fois le traitement initie, le patient n’est plus contagieux après les 72 heures qui suivent le début de la thérapie.
Nul ne peut vraiment statuer sur l’importance des portes de sortie de la mycobactérie à travers la mucose nasale ou à travers la peau dans les lésions cutanées, profondément dans le derme. Cependant, la maladie peut aussi s’attraper par contacts avec les armadilles et même dans la consommation de leur viande, Les scientistes n’arrivent pas à élucider ces points qui semblent nous rendre confus.
Tous ceux qui sont exposes ou infectes par la mycobactérie de la Lepre, ne développeront pas forcément la maladie mais des facteurs génétiques peuvent jouer un rôle chez ceux qui la contractent. Souvent des variantes génétiques peuvent se retrouver chez plusieurs membres de la même famille, justifiant l’apparition de la maladie en « cluster » (cell-mediated immunity ou Immunité a médiation cellulaire). Plus encore, il y a une connection génétique qui lie la maladie de Parkinson a la Lepre par DNA « PARK2 » et « PACRG ».
La destruction des nerfs périphériques est la grande complication de la Lepre, due à une invasion directe de la bactérie, suivie d’une réaction auto-immune de la personne. Des études ont essayé de démontrer comment la bactérie s’attaque aux cellules de Schwann provoquant une déminéralisation, suivie d’une perte fonctionnelle, surtout axonale, en présence d’une spéciale protéine « lamine » qui s’unit au glycoconjugué (PGL-1) sur la surface de la mycobactérie de la Lepre.
Une phagocytose se produit quand les macrophages (Globules blancs) attaquent la mycobactérie de la Lepre. Au début, seulement les fibres sensorielles sont attaquées, résultant en une perte de cheveux et une perte de l’habilité de transpirer, suivie d’une perte de sensation a la température et au toucher. Bientôt, suivra, une sècheresse de la peau accompagnée d’une faiblesse musculaire, jusqu’à la paralysie. Des fissures de la peau sont fréquentes et peuvent faciliter des infections secondaires.
Au point de vue immunologique, une forte réponse du Th1, semble favoriser une lèpre tuberculoïde (Paucibacillaire) avec une grande résistance et la présence de granulomes. Aussi, une grande production d’interleukins-12 (IL12) et de « Tumor Nécrosis Factor » (TNF) et d’Interféron gamma (INF), alors qu’un faible Th1 ou un dominant Th2 suppression, mène à une forme plus sévère et disséminée (multi bacillaire) de la Lepre lépromateuse ( avec une plus importante réponse à créer une forme plus bénigne ou localisee « tuberculoïde » (paucibacillaire) dotee d’une grande résistance par la présence de granulomes... alors qu’une faible réponse de Th1 ou dominant Th2 suppression mène plutôt à une Lepre « Lipomatose » plus sévère et disséminée et aussi dotee d’une plus grande dissémination de bactéries.
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L’histopathologie reflète aussi sur ces états immuns. Les lésions tuberculoïdes sont des granulomes bien formes et bourres de cellules épithélioides macrophages capables de contrôler la population des bacilles. Ces lésions renferment aussi d’autres macrophages (Gobi) remplies de bacilles. Finalement, des “T-cells”, contribuent à contrôler les bactéries. TGF-IL-10 sont plus nombreuses dans la lèpre multi bacillaire et même, peuvent arriver à supprimer l’immunité protective. Un « érythème nodosum leprosum » peut aussi représenter une réaction systemique accompagnée d’une fièvre, des nodules douloureux, une neutrophilie et aussi des infiltrats a neutrophiles et d’une élévation des TNF-α, IL-6, and IL-8 etc.
Dans les pays ou la maladie sévit, une personne est considérée infectée si elle présente deux signes : une lésion cutanée avec une perte de sensation, et un frottis positif révélant l’existence du bacille sur la lésion. Ces lésions peuvent être uniques ou multiples mais, généralement hypo-pigmentées, de couleur rougeâtres ou cuivrées. Elles peuvent se présenter sous forme de macules ou de papules ou même en nodules.
Dans les pays ou la maladie est peu commune, un tel diagnostic peut s’avérer difficile pour un médecin qui peut ne pas être trop confortable avec les symptômes. Ces lésions peuvent mimiquer le tinea versicolore, mais toute perte de sensation, faiblesse musculaire en face d’une lésion cutanée telle décrite, devrait rendre le médecin suspect, pour le pousser à initier une biopsie ou un frottis de la lésion. Toutefois, la présence du bacille de la lèpre sur les plaques, est diagnostique.
Plus tôt un diagnosis est confirmé, plus un traitement peut être initie. De nos jours, de nouvelles approches semblent utiliser l’intelligence artificielle. Le traitement de la lèpre doit commencer le plus vite que possible, pour minimiser les complications secondaires, telles l’épaississement des nerfs périphériques dans le cours de la maladie, ce qui représente une évolution significative.
Un clinicien peut choisir plusieurs approches. Celle du « World Health Organizations (WHO) distingue tout patient qui se présente avec 5 lésions cutanées ou moins comme « paucibacillaire » et tout patient avec plus de lésions, comme « multi bacillaire ». D’autres systèmes, comme le Ridley-Jopling » distinguent cinq differents groupes, ce qui a permis au WHO de développer les codes du ICD-10 alors que le MeSH distingue seulement trois groupes.
Une biopsie de la peau est la forme la plus sure pour s’assurer d'un diagnosis définitif de la Lepre. Il existe aussi un « Léprome test » qui n’est pas utilisé pour confirmer le diagnostic mais bien pour classifier les types de lèpre. La maladie est classifiée d’après l’immunité du patient infecte. Une forme tuberculoïde avec peu de lésions (paucibacillaires) et une forme Lépromateuse (multi bacillaire) avec une immunité diminuée et des lésions qui semblent être volumineuses et nombreuses révélant un facies léonin, une forme borderline et des lésions qui peuvent ne pas contenir de bacilles.

« Facies Léonin »
Le traitement peut durer plusieurs mois et même des années avec l’addition de stéroïdes ou d’anti-inflammatoires pour contrôler les douleurs articulaires. Les drogues utilisées dans le traitement de la Lepre varient de pays en pays et d’’une façon générale, les drogues anti tuberculeuse et le Dapsone sont les plus souvent utilisées. Le Dapsone est à base de Sulfur et cette substance chimique a révolutionne le traitement de la lèpre. Chez nous, les lépreux se baignaient dans les sources puantes de Sulfur sur la route du Nord pres de Arcahaie, pour apaiser leurs maux. Le Sulfur a révolutionné le traitement de la maladie avec l’addition du Dapsone.
L’intradermoréaction a la Léprome ou test a la Léprome est obtenu par l’injection d’extrait du bacille inactif de Hansen dans l’avant-bras pour apprécier la réaction dans les 24 heures et dans les 28 jours. Il est positif dans la forme tuberculoïde (paucibacillaire) laissant apparaitre des « épithélioide cells granulomes » mais négatif dans la forme « borderline BL » (multi-bacillaire) avec beaucoup plus de lésions cutanées qui peuvent affecter toute l’extrémité avec une atteinte des nerfs périphériques.
Finalement, une forme lépromateuse avec des lésions multiples de la peau, des nodules qui fréquemment attaquent la muqueuse nasale en provoquant une congestion nasale et des saignements de nez répètes… Plus tard, une perte des sourcils, des lésions de la peau et des muqueuses, des nerfs périphériques, du nerf optique, des yeux, et des lymphatiques et finalement les organes internes, expliquent la progression de la maladie.
Il existe aussi une forme rare de lèpre : « Lepre Histioid », tres rare mais multi bacillaire et lepromateuse. Finalement, la lèpre peut aussi se présenter sans aucune lésion cutanée mais seulement avec des lésions de nerfs périphériques.
En effet, la Lepre cause une perte de tissu et des déformités à la suite de la perte de fonction des nerfs périphériques, imposant à ceux ou celles qui en souffrent, des déformités et une perte de sensation et de fonctions des mains et des pieds, les rendant susceptible a des traumatismes secondaires. Malheureusement, ces dommages sont irréversibles même si la personne guérit de la maladie. Il est donc important de comprendre que plus cette maladie est détectée tôt, plus un traitement effectif peut être applique dans un bref délai pour contrôler ses ravages.
Les domages physiques et neurologiques, quand ils se produisent sont irréversibles même quand le patient a vaincu la maladie à travers un traitement effectif. Les médications modernes peuvent aussi certainement minimiser les risques de contamination pour les proches qui vivent à proximité.

Mains en griffes
La lèpre a toujours été considérée comme une maladie contagieuse et les premiers traitements consistaient en l’utilisation du Mercure. Plus tard, l’huile de Chaulmoogra aussi, extraite de l’arbre qui contenait du cyanure, était utilisée dans le traitement mais les complications devinrent sérieuses avec des troubles respiratoires et une paralysie accompagnée d’une intoxication au cyanure. Cette huile devient popularisée dans les années 1915, dans une huile soluble dans l’eau, plus acceptable dans le traitement. Mais le drogue le plus effective était la Promine, utilisée en 1940, dix ans avant l’introduction de la Dapsone. Finalement les nouvelles drogues avec le WHO vont révolutionner le traitement de la Lepre avec le MDT en 1980.
Par Example, le WHO recommande une dose de « Rifampicine » aux adultes et enfants âgés de plus de deux années qui partagent l’espace de ces malades, ce qui réduit a plus de la moitie les risques d’attraper l’infection dans les deux années qui suivent et a plus du quart les risques dans les 6 années qui suivent.
Le « BCG » était alors un vaccin bien connu qui contenait le bacille de Calmette-Guerin, et qui routinement était prescrit aux nouveau-nés dans les pays ou la Tuberculose était endémique, ce qui permettait de les protéger contre sa forme fulminante de méningite. Ce BCG offrait aussi une protection contre la Lepre dans la moitié des cas et était recommandé en une ou deux doses protectrices. Le WHO a ajouté ce vaccin en 2018, pour protéger les nouveau-nés. Le BCG était aussi donne aux proches parents d’un lépreux car, une injection peut facilement booster l’immunité de la personne a plus de 50%. Un autre vaccin « LepVax » a aussi été utilisé en laboratoire dans le même but, mais pourrait révéler s’avérer être le premier vaccin spécifique à la Lepre.
De nos jours, le traitement de la Lepre se fait avec trois drogues principales : Rifampicine, Dapsone, Clofazimine recommandées a tous ceux qui souffrent de la maladie, pour une periode de six mois dans la forme paucibacillaire et pour une année dans la forme multi bacillaire. C’est la « MDT » qui utilise ces trois drogues d’une façon tres effective. Il est bon à savoir que ces lépreux ne sont plus contagieux un mois après avoir entamé le traitement, donc nul est le besoin de les isoler dans des camps de Lépreux. Ces trois drogues sont anti-bactériales avec peu de chances de créer des souches résistantes du bacille. D’habitude, il est recommandé de prescrire le Rifampin mensuellement a cause de son interférence avec le Dapsone.
Quelques pays ont rapporté une résistance a ces trois drogues. Si cette résistance est à la Rifampicine, il est recommandé d’utiliser des Fluoroquinolones ou la Minocycline ou Clarithromycine pendant deux années.
Pour ceux qui souffrent d’insensibilité à cause de la dégénération de nerfs périphériques, il existe des équipements protecteurs capable d’éviter des ulcères ou des brulures ou même des infections secondaires. La vaseline « Ketanserin » donne de bons résultats pour faciliter la guérison des ulcères neuropathiques, même meilleure à la crème de Clioquinol ou a la pâte de Zinc. La Phénytoïne peut aussi être utilise en vaseline, poudre ou en suspension dans les pansements d’ulcères.
Le traitement de la lèpre est connu depuis longtemps et nous savons bien que si cette maladie suit son cours, elle causera des dommages irréversibles aux nerfs périphériques, a la peau, aux yeux et aux extrémités. Si c’est une maladie peu infectieuse, il en revient que ceux qui en souffrent affrontent une stigmatisation et des préjugés qui les empêchent de participer dans des activités sociales et d’avoir des relations normales avec des amis. Beaucoup vivent en séclusion avec un fort risque de développer des maladies mentales, et dans une peur de travailler en société. Ils développent des problèmes financiers dus à l’isolation.

La plus ancienne documentation prouvant l’existence de la Lepre, fait suite à une découverte en 2009 sur un squelette datant du 2ieme millenium BC., à Balsthal, Rajasthan en Inde. Le DNA prélevé d’un restant de cadavre humain, près de Jérusalem, dans une tombe à Akeldama, datant du premier siècle, a été identifié. La plus ancienne source de Lepre en Europe vient du Grand Chesterford, dans le sud-est de l’Angleterre et date d’AD 415-334

Distribution of leprosy around the world in 1891
Les Papyrus Egyptiens (Ebers) et la bible des Hébreus parlent de la Lepre. Jésus guérissait les Lépreux (Matthew 6 :1-4, Mark 1 :40-45 and Luke 5:-16 etc. En signe d’impureté (Tzara ah). Un médecin Indien, Sushruta a rapporté les signes de la Lepre dans son « Compendium » en 600 B.C., de même que Hypocrates en 460 B.C.
C’est en 1846 que Francis Adams a produit « Les Sept Livres de Paul Aegineta » discutant des commentaires sur le traitement médical ou chirurgical dans la maladie depuis les Romains, Grecques et Arabes. Et ce n’est qu’en 1873 que le premier agent causatif de la Lepre est découvert.
La Lepre, qu’on pensait n’avoir pas existé en Amérique avant la venue des européens, a encore cause des surprises surtout quand un autre agent causatif, le mycobacterium Lepromatosis a été découvert en 2008. Plus encore, l’importance de la muqueuse nasale et de ses ulcérations, dans la transmission du Mycobacterium Lepra est découverte tres tard en 1898 par Schaffer mais le mécanisme d’une ulcération plantaire est décrit en premier par Ernest Price, à cause des lésions de nerfs périphériques.
Dans un pays comme le Brésil. Il est coutumier de penser que la lèpre est transmise par les chiens ou alors que cette maladie est associée à la bestialité ou à la promiscuite sexuelle et que la maladie serait une punition des dieux, … présent dans son folklore, Certainement, les conditions socio-économiques peuvent faire comprendre à un employé qu’il perdra son travail à cause des manifestations physiques de la maladie et de la présence des patches. En Inde, un individu même guéri de la maladie, peut être renvoyé de son emploi ou de sa famille, forçant un divorce ou une éviction.
De nos jours, avec l’efficacité des trois drogues utilisées dans le traitement de la maladie, il y a espoir de l’éradiquer dans le monde, en formant des équipes de professionnels qui comprennent bien la maladie, en intégrant son traitement dans les services publics de Sante.
Je veux dedier cette publication sur la Lepre a la memoire de Claude Pean MD, ma consoeur de la promotion Jean Price Mars de 1976 qui est passee de vie a trepas et pour qui la maladie de Hansen etait devenue une passion, alors que le reve de la WHO vise encore a l'eliminer de la surface de la terre,
Maxime J-M Coles MD
Boca Raton FL
Références :
1- “Definition of Leprosy” . The Free Dictionary. (22 February 2022).
2- Sophie M Worobec (2008). “Treatment of Leprosy/Hansen’s disease in the early 21st century. Dermatologic Therapy. 22 (6): 518-537.
3- “Leprosy”. World Health Organization (WHO) 31 January 2021.
4- “New Leprosy Bacterium: Scientists use Genetic Fingerprint to Nail “Killing Organism”. ScienceDaily. 28 November 2008.
5- “Hansen’s Disease (Leprosy) Transmission”. cdc.gov. 29 April 2013.
6- “Neglected Tropical Diseases”. cdc.gov. 6 June 2011
7- Signs and Symptoms Hansen’s Disease (Leprosy) CDC”. www.cdc.gov/ 18 November 2024.
8- “Pathogenesis and Pathology of Leprosy”. International Textbook of Leprosy, 11 February 2016.
9- “Red Squirrels in the British Isles are infected with Leprosy bacilli”. 12 June 2022.
10- Lockwood DM, Kumar B (June 2004). "Treatment of Leprosy”. BMJ. (7454). 1447-1448.
11- Harris G (27 April 2011). “Armadillos can Transmit Leprosy to Humans, Federal Researchers Confirm”. The New York Times. 15 March 2015.
12- "Skin Diseases on the Bible and the Talmud”. Encyclopedia of Jewish Medical Ethics. Feldheim Publishers. 2003. p.951.
13- Grzybowski A, Nita M (January 2016), “Leprosy on the Bible”. Clinics in Dermatology. 34 (1) pp 3-7.
14- Wikipedia: Leprosy
15- Pean C (1988). "La Maladie de Hansen en Haiti". Institut Cardinal Leger contre la Lepre (1988)
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QUI ENVERRAI-JE ? — LE CRI D’UN PEUPLE ENTRE L’EXIL ET L’ESPÉRANCE
En ces temps de rudes épreuves, tandis que le peuple haïtien porte sa croix sur plusieurs terres à la fois, une même question monte de nos foyers, de nos églises et de nos communautés : de quoi demain sera-t-il fait ?
Cette question résonne particulièrement aux États-Unis, où nos compatriotes sont établis depuis plusieurs générations. Rares sont aujourd’hui ceux qui ne s’interrogent pas sur leur avenir, rares sont ceux qui ne craignent pas de voir s’évanouir leur droit de vivre dans la quiétude au sein de cette République étoilée, longtemps présentée comme une démocratie, une terre d’accueil et un refuge pour les hommes et les femmes en quête d’une vie meilleure.
L’aigle sait parfois dissimuler ses griffes. Mais, ces jours-ci, il nous les montre.
Oui, nous sommes inquiets. Nous sommes inquiets lorsque la peur entre dans nos maisons avant même que le jour ne se lève. Nous sommes inquiets lorsque des hommes et des femmes regardent derrière eux avant de se rendre au travail. Nous sommes inquiets lorsque des parents hésitent à conduire leurs enfants à l’école ou à franchir le seuil de leur église.
Nous sommes inquiets lorsque l’immigrant, qui hier encore travaillait, soignait, construisait et servait, se demande aujourd’hui si une main invisible ne viendra pas l’arracher aux siens.
Certains immigrants ressentent peut-être moins douloureusement que d’autres le poids de cette situation. Tant mieux pour eux. Peut-être possèdent-ils, dans leur tempérament et leur bagage émotionnel, cette faculté de continuer leur chemin sans regarder sans cesse derrière eux.
Quant à moi, j’observe avec mon cœur autant qu’avec mes yeux. Mon esprit s’attarde sur les gestes, les silences, les inquiétudes dissimulées derrière les sourires. Car la connaissance de l’âme humaine nous apprend à écouter ce que l’autre ne dit pas, à percevoir la souffrance qu’il retient et à comprendre la peur qu’il n’ose pas nommer. Et ce que j’entends aujourd’hui, même dans le silence, c’est le cri d’une communauté blessée.
Face aux abus physiques, moraux et émotionnels dont tant d’Haïtiens disent être victimes, comment ne pas éprouver de tristesse ? Comment ne pas ressentir l’humiliation ? Comment empêcher la colère de monter lorsque nous entendons parler de personnes interceptées sur le chemin de leur église, de travailleurs conduits en détention et de prisonniers morts sans avoir reçu les soins que leur état exigeait ?
Chaque matin apporte son nouveau récit d’angoisse.
Chaque matin, une famille apprend qu’un père a été arrêté.
Chaque matin, une mère se demande si elle reverra ses enfants.
Chaque matin, un enfant part à l’école avec la crainte de trouver une maison vide à son retour.
Les décisions concernant le statut de protection temporaire ont eu, sur notre communauté, l’effet d’un séisme. Elles n’ont pas seulement menacé un document administratif : elles ont ébranlé des familles, désorganisé des entreprises, affaibli des institutions et jeté une ombre sur l’avenir de milliers d’êtres humains.
Les églises se vident.
Les restaurants perdent leurs employés.
Les locataires quittent leurs logements parce qu’ils n’ont plus de travail pour payer leur loyer.
Des hommes et des femmes demeurent enfermés chez eux, non parce qu’ils ont commis un crime, mais parce qu’ils redoutent d’être interceptés dans la rue par les agents de l’immigration.
Les responsables d’établissements de santé s’alarment à leur tour du manque de personnel nécessaire à l’accomplissement de tâches pourtant essentielles. Lorsque l’aide-soignante disparaît, ce n’est pas seulement une employée qui manque à l’appel : c’est une personne âgée qui attend son bain, un malade qui attend son repas, un patient vulnérable qui attend qu’une main compatissante vienne soulager sa souffrance.
Et ainsi, de proche en proche, l’activité économique se réduit comme une peau de chagrin. Mais plus grave encore : c’est le tissu humain de toute une communauté qui commence à se déchirer.
Je pense à cet homme malade qui dépendait du salaire de son épouse, assistante infirmière, pour payer les factures qui s’accumulaient. Lorsqu’elle fut congédiée, ce ne fut pas seulement un emploi qui disparut : ce fut l’équilibre fragile de toute une famille qui s’effondra.
On m’a raconté deux histoires semblables. Mais derrière ces deux histoires s’en cachent probablement des centaines d’autres — des centaines de drames qui ne feront jamais la une des journaux, des centaines de larmes versées derrière des portes fermées.
Je pense surtout aux enfants.
Que deviendront ces enfants nés ici de parents haïtiens si leurs mères et leurs pères sont arrêtés ou déportés ? Quelle blessure déposera-t-on dans leur mémoire ? Quelle confiance pourront-ils encore placer dans un pays qui leur enseigne chaque matin la liberté, mais qui peut, le soir venu, leur enlever leurs parents ?
Une travailleuse a déjà donné des instructions à sa belle-sœur afin qu’elle prenne soin de sa fille de treize ans si elle venait à être détenue et renvoyée en Haïti. Imaginez cette mère préparant non pas les vacances de son enfant, non pas son entrée à l’université, mais sa propre disparition soudaine.
Imaginez cette adolescente qui, chaque fois que sa mère franchit la porte, se demande peut-être si elle la reverra.
Une nation ne se juge pas seulement à la puissance de son armée, à la hauteur de ses gratte-ciel ou à l’abondance de ses richesses. Elle se juge à la manière dont elle traite l’enfant qui tremble, le malade qui souffre, l’étranger qui cherche refuge et la mère qui supplie qu’on ne la sépare pas des siens.
Beaucoup de personnes risquent également de perdre l’assistance médicale dont elles ont un besoin vital. Le droit à la santé deviendra-t-il alors le privilège d’une minorité ? Permettrons-nous que la maladie demande désormais à chacun ses papiers avant de lui accorder le droit d’être soigné ?
Plusieurs États commencent à s’inquiéter de la disparition de cette main-d’œuvre qualifiée. Ils découvrent que ces immigrants que l’on pourchasse étaient aussi ceux qui soignaient les malades, accompagnaient les personnes âgées, préparaient les repas, entretenaient les maisons, construisaient les immeubles et faisaient vivre les quartiers.
Ils découvrent que la main qu’ils veulent repousser est souvent la même main qui soutient leur économie.
Ils découvrent que l’étranger qu’ils regardaient avec méfiance était peut-être celui qui veillait au chevet de leur mère. Ils découvrent enfin qu’on ne peut arracher une partie du corps social sans faire souffrir le corps tout entier.
Il existe également, dans cette tragédie, une douloureuse ironie politique. Certains de ceux qui avaient porté leur choix sur les dirigeants actuels découvrent aujourd’hui que les politiques qu’ils applaudissaient peuvent également se retourner contre eux. Ils commencent à comprendre, parfois trop tard, que le feu que l’on allume devant la maison du voisin peut finir par atteindre sa propre demeure.
J’en connais un, partisan déterminé de ce mouvement politique, qui dut réunir près de vingt mille dollars pour obtenir la libération de son neveu, détenu pendant plusieurs semaines après avoir dépassé la durée autorisée de son visa d’étudiant.
Certains avaient invoqué la moralité pour justifier leur vote. Des pasteurs avaient présenté leur préférence politique comme une obligation religieuse. D’autres, se croyant protégés par une certaine aisance matérielle, s’étaient imaginé appartenir à une classe que la persécution n’atteindrait jamais.
Ils pensaient que la tempête s’arrêterait devant leur porte.
Ils pensaient que leur argent servirait de rempart.
Ils pensaient que leur fidélité politique leur tiendrait lieu de protection.
Mais la tempête ne demande pas toujours la carte du parti avant d’emporter un toit.
Ils découvrent aujourd’hui, dans l’amertume et la désillusion, que l’injustice que l’on tolère contre autrui finit tôt ou tard par menacer chacun d’entre nous. Car une chaîne placée autour du poignet de mon frère réduit aussi ma propre liberté. Une mère séparée de son enfant diminue l’humanité de toute la société. Et lorsqu’un seul groupe humain peut être humilié impunément, aucun autre groupe n’est véritablement en sécurité.
Une contradiction flagrante demeure : d’une part, on affirme que les conditions en Haïti se seraient suffisamment améliorées pour justifier la fin des protections accordées à des milliers d’Haïtiens ; d’autre part, les autorités américaines recommandent à leurs propres citoyens d’éviter ce même pays en raison de l’insécurité qui y règne.
Comment une terre peut-elle être jugée assez sûre pour y renvoyer des familles haïtiennes, mais trop dangereuse pour accueillir des voyageurs américains ? Comment peut-on demander ailleurs le retour d’enfants séparés de leurs familles pendant une guerre, tout en acceptant ici que des mères soient arrachées à leurs fils et à leurs filles ?
Comment peut-on invoquer les droits humains au-delà de ses frontières, mais les oublier lorsqu’un immigrant sans défense se tient à sa porte ?
Voilà le vieux langage du double poids et de la double mesure. Voilà cette politique qui garde un discours dans chacune de ses poches et choisit celui qui convient aux circonstances.
Nous devons aussi nous demander comment tant d’entre nous ont pu accorder leur confiance à un homme qui avait déjà couvert Haïti de paroles méprisantes et offensantes. Nous semblons avoir tendu la joue droite à celui qui venait de nous frapper sur la joue gauche. Nous avons cherché une protection auprès de celui qui, durant sa campagne, nous désignait déjà comme la source de tous les maux. Mais ce moment ne doit pas être seulement celui du reproche. Il doit aussi être celui de l’examen de conscience.
Car le but n’est pas de remplacer une haine par une autre. Le but n’est pas de répondre à l’humiliation par l’humiliation. Le but est de faire naître, de notre douleur même, une conscience nouvelle.
À ceux qui devront retourner en Haïti après dix ou quinze années d’absence, il faudra beaucoup de courage. Ils retrouveront un pays différent de celui qu’ils avaient quitté : des robinets souvent privés d’eau, des quartiers plongés dans l’obscurité, des artères autrefois animées désormais abandonnées à la peur, des montagnes d’immondices dressées près de maisons désertées et des territoires entiers livrés à la domination des groupes armés.
Voilà la réalité qui attend ceux que l’on renverra.
Sans accueil, sans accompagnement et sans intervention sociale de grande envergure, certains risquent d’être abandonnés à la misère, à l’exploitation ou au recrutement par les bandes criminelles. Mais s’ils étaient accueillis avec intelligence, organisés avec méthode et orientés avec dignité, ils pourraient devenir une force considérable pour la reconstruction nationale.
Parmi eux se trouvent des ouvriers.
Parmi eux se trouvent des techniciens.
Parmi eux se trouvent des agriculteurs, des aides-soignants, des mécaniciens, des entrepreneurs et des bâtisseurs.
Parmi eux se trouvent des femmes et des hommes qui ont appris à travailler dans l’habitat, la construction routière, l’agriculture, la santé, l’hôtellerie et de nombreux métiers manuels.
Ce ne sont pas seulement des personnes déportées. Ce sont des connaissances, des expériences et des forces vives qui pourraient être mises au service de la nation.
Mais qui recueillera les données sur leurs compétences ? Qui identifiera leur potentiel ? Qui leur offrira les instruments nécessaires pour participer à la reconstruction du pays ?
Si rien n’est fait, beaucoup traverseront la frontière pour offrir ailleurs leur travail, leur expérience et leur courage. Une fois encore, Haïti aura perdu des bras dont elle avait besoin, des intelligences qu’elle aurait pu mobiliser et des vies qu’elle aurait dû protéger.
Aujourd’hui, leur honte imposée devient notre honte collective. Leur souffrance devient la nôtre. Leur humiliation frappe au cœur même de cette nation qui se proclame indépendante et souveraine.
Mais soyons lucides : les déportations massives ne sont pas seulement le résultat de décisions prises à l’étranger. Elles dressent également le bilan de nos propres échecs. Elles révèlent l’incapacité des dirigeants qui, depuis des années, ont laissé l’État se défaire, les institutions s’effondrer, les richesses être pillées et les espérances partir en fumée.
Lorsqu’un peuple est contraint de chercher partout ailleurs le droit de vivre, ses dirigeants doivent rendre des comptes.
Lorsqu’un citoyen préfère l’humiliation de l’exil à la détresse de sa patrie, l’État doit rendre des comptes.
Lorsqu’une mère accepte de traverser les frontières, les déserts et les mers pour offrir un avenir à son enfant, ceux qui ont rendu son pays inhabitable doivent rendre des comptes.
L’héritage national, maintenu tant bien que mal pendant des décennies, s’est effondré sous le poids de l’improvisation, de l’avidité et d’une médiocrité sans bornes. Aujourd’hui, tout est à revoir. Tout est à refaire. Tout est à reconstruire.
Mais je refuse de croire que notre histoire doive s’achever dans les ténèbres.
Je refuse de croire que le peuple qui vainquit l’esclavage soit condamné à demeurer éternellement prisonnier de la peur.
Je refuse de croire que la nation qui osa proclamer la dignité universelle de l’homme ait épuisé toutes ses réserves de courage.
Je refuse de croire que les descendants de ceux qui brisèrent leurs chaînes ne puissent pas, une fois encore, se lever, s’organiser et reprendre en main leur destinée.
Oui, la nuit est profonde, mais aucune nuit n’a jamais empêché le matin de venir.
Oui, la route est longue, mais aucune route n’est infranchissable pour un peuple qui retrouve sa conscience.
Oui, nos institutions sont en ruine, mais les ruines elles-mêmes peuvent devenir les fondations d’un édifice nouveau.
Un jour, il faudra que l’Haïtien ne soit plus contraint de choisir entre la peur dans son pays et l’humiliation à l’étranger.
Un jour, il faudra que nos enfants puissent grandir sans apprendre l’exil comme unique chemin vers l’avenir.
Un jour, il faudra que notre passeport ne soit plus un fardeau, que notre nationalité ne soit plus un soupçon et que notre patrie redevienne une demeure.
Ce jour ne viendra pas par miracle.
Il viendra lorsque les consciences se lèveront.
Il viendra lorsque les compétences remplaceront l’improvisation.
Il viendra lorsque le service de la nation l’emportera sur le pillage de l’État.
Il viendra lorsque nous comprendrons que le salut d’Haïti ne dépend pas seulement des décisions prises à Washington, à Paris ou ailleurs, mais aussi de notre propre capacité à bâtir un pays auquel personne ne sera jamais forcé de dire adieu.
Alors retentira de nouveau, au-dessus de nos ruines, la voix du prophète Ésaïe :
« Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? »
Que chacun de nous trouve alors le courage de répondre :
« Me voici. Envoie-moi. »
RONY JEAN-Mary, M.D
Coral Springs, Florida
Le 22 Août 2026



Why Did Medieval Courts Put Animals on Trial?
A pig in the dock, a community in crisis, and the law as public theater
A pig harms a child. The town does not simply kill the pig. It puts the animal on trial.
To modern readers, this seems absurd. A pig that killed a child, a tree that fell on someone, or an animal that caused injury could be treated as though it had legal responsibility. Courts could hear the matter. Authorities could pronounce guilt. The animal could be executed, banished, burned, hung, or otherwise ritually removed from the community.
The obvious modern objection is that animals cannot possess criminal intent. They do not deliberate morally. They do not understand law. They cannot be guilty in the human sense.
So why hold a trial at all?
This essay grows out of Chapter 12 of my book, “Who Put the Devil into the Pig?”, but the question belongs to the history of governance more broadly: what is a trial for when the accused cannot possibly understand the judgment?
The question becomes more interesting when we realize that practical explanations are insufficient. If a dangerous animal killed someone, the community could simply kill the animal. No court was needed to eliminate the danger. If a pig had eaten part of a child, no one needed a formal proceeding to decide that the pig should no longer roam the streets.
The trial must therefore have served another purpose.
One purpose was theatrical. A trial was a public performance of order. It showed the community that disorder had been recognized, named, judged, and corrected. The animal was not merely destroyed; it was placed inside a moral drama. The authorities acted. The law spoke. The community watched. The world was symbolically repaired.
This matters because law is never only administrative. Law is also a form of public storytelling. It tells society what kind of behavior is intolerable, who has authority to judge it, and what must happen when boundaries are crossed. The animal trial turned an accident or injury into a lesson.
In many premodern communities, such lessons had to be seen as much as understood. Abstract proclamations have limited force, especially in societies where many people are not trained to think in legal categories. But a public trial, conducted with solemnity and ceremony, could make the point unforgettable. When an animal was treated like a human offender, judged, condemned, and executed, the event became a living parable.
The guilty animal could also function as a proxy.
Human societies often rely on proxies when direct conflict is too dangerous, abstract, or socially disruptive. People may assign emotional, spiritual, or political significance to objects, talismans, shrines, mementos, carvings, animals, or public figures. Proxies fill relationship gaps and carry burdens that cannot be carried directly.
Animal trials may have worked in a similar way. The animal was punished, but the message may have been directed at people.
Perhaps the owner had failed to control the animal. Perhaps the community wanted to intimidate other owners into restraining their animals more carefully. Perhaps the public wanted to assign blame without openly accusing a powerful person. Perhaps the animal’s punishment allowed the community to express anger, fear, or moral outrage without turning neighbor against neighbor.
In this sense, the trial was not irrational. It was a social technology.
It allowed a community to say something it could not otherwise say. It transformed private blame into public order. It converted anxiety into procedure. It punished a proxy in order to discipline the living.
There was also a deeper moral logic involved. In many societies, wrongdoing was not understood primarily in terms of intention. It was understood in terms of effect. The injury mattered more than the internal state of the offender. Early legal traditions often judged acts by the damage they caused, not by the psychological motives behind them.
This helps explain why ancient and medieval legal traditions could treat animals, objects, and humans within the same broad moral universe. If a falling object killed someone, if an animal caused death, or if a human committed a grave offense, the community faced a similar problem: something had broken the moral order. Something had introduced impurity, danger, imbalance, or guilt into the social body.
The task of law was to restore balance.
This is why animal trials also connect to ideas of contamination. In many societies, a heinous act was thought to generate a dangerous negativity. Evil, impurity, or guilt could spread. It could infect the community. It might have to be expelled beyond the borders, destroyed, or ritually neutralized.
The guilty animal was therefore not simply dangerous in the ordinary sense. It had become morally polluted. Its presence represented unresolved disorder. The trial identified that disorder and gave the community permission to remove it.
Seen this way, animal trials are not merely comic episodes from a superstitious past. They reveal something fundamental about law. Law does not begin as a perfectly rational system for assigning individual responsibility. It begins as a way for communities to protect their worldview.
Before guilt was psychological, it was social. Before law asked what the offender intended, it asked what harm had been done to the community’s order. Before punishment was purely penal, it was ritual, theatrical, symbolic, and restorative.
The animal in the dock was therefore never only an animal. It was a mirror.
It reflected the community’s fear of disorder. It reflected the need to assign responsibility when harm occurred. It reflected the authority of rulers, judges, priests, and elders to define what had gone wrong. It reflected the social need to transform chaos into judgment.
Most of all, it reflected human society back to itself.
Our legal relationship with animals has always told us less about animals than about ourselves. When we put animals on trial, we were not discovering their moral nature. We were dramatizing our own.
I am using this Substack to explore the larger argument behind “Who Put the Devil Into the Pig?”: how animals, taboos, food, violence, belief, and law became part of the way human beings govern each other. Your comments would be helpful! Subscribe for free if you would like to follow the series.
Discussion about this post (Tony Marcelli)
Thank you, Bertrand, for this Birds Eye view into your important book!
And we call many early societies primitive. Who is more primitive, our ancestors or many present-day societies? (They know who they are)
Approximately 1.85 million to 2 million adults and juveniles are incarcerated in U.S. prisons and jails, alongside roughly 60,000 to 73,000 individuals held in civil immigration detention. Separate exact counts for undocumented children in criminal facilities are near zero, as minors are handled outside adult criminal corrections. Total Incarcerated Population (General U.S. Criminal System)Incarcerated Adults: Roughly 1.85 million adults are held across state and federal prisons and local jails (based on Bureau of Justice Statistics counts showing ~1.85 million in confinement).Incarcerated Children/Youth: Approximately 7,000 to 25,000 youth are held in juvenile justice residential placement and confinement facilities on any given day. (Bureau of Justice statistics)
Undocumented / Noncitizen Incarcerated Population
Undocumented Adults: Estimates point to tens of thousands of undocumented or non-U.S. citizen adults in criminal custody (with over 15,000 in federal immigration-specific criminal sentences alone and broader noncitizen totals in local jails), while U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) civil detention holds roughly 60,000 to 73,000 noncitizens (mix of single adults and some family units).Undocumented Children: (Cato Institute)
Unaccompanied undocumented minors are not held in adult correctional facilities or long-term ICE detention; instead, they are processed and placed in Office of Refugee Resettlement (ORR) shelter networks, numbering in the thousands depending on border crossings, while minor children in family detention with ICE typically number in the hundreds to low thousands. (ICE / Immigration statistics)
According to the comprehensive Global Peace Index (GPI) and international safety data, the five countries with the lowest crime rates and highest overall safety levels are Iceland, New Zealand, Switzerland, Slovenia, and Ireland. While their geographic sizes vary, these nations share a blueprint for safety: high social trust, economic equality, strong public infrastructure, and progressive rehabilitation systems rather than punitive ones.
Jul 26, 2026

Haiti’s Hair and Identity: From Straightening Comb to Lace - A Diaspora in Haiti
In Haiti, hair is never just about appearance. It tells a deeper story shaped by memory, resistance, inherited norms, and deliberate choices. From the heat of straightening combs in the 1950s to today’s lace front wigs, hair traces a journey where science, spirituality, identity, and humor intertwine. To read Haitian hair is, ultimately, to read a people. And for the many Haitians living in South Florida, it is also a way of carrying home wherever they go.
If Hair Could Speak
If hair could speak in Haiti, it would speak loudly, likely in Creole, with the cadence of open-air markets and the pauses of beauty salons. Some strands would complain about the heat, saying, “This heat is unbearable,” while others would recall the harsh relaxers of the past or the latest Brazilian wig delayed at customs.
Science tells us that hair is more than dead fiber. It is a biological archive, recording traces of stress, illness, excess, and sometimes illusion. But in Haiti, hair goes further. It reflects identity, contradiction, aspiration, and above all, a remarkable ability to laugh, even at what unsettles us most. That same spirit travels intact from Port au Prince to Miami, from Aquin to North Miami.
From Biology to Belief
Scientifically, hair is a keratin structure growing from follicles. Not very poetic. But add castor oil, onion juice, and a grandmother’s conviction, and biology begins to feel almost mystical. Haitian grandmothers needed no medical degree to establish their own rules:
Si on fanm ki gen règ li koupe cheve w, tèt ou ap vin bòl “If a menstruating woman cuts your hair, it will all fall out”.Madanm, si w koupe cheve w jou madi, w ap pèdi mari w wi “If you cut your hair on a Tuesday, you risk losing your husband”.
While dermatologists speak of growth cycles, everyday experience tells another story. Hair never truly rests, especially when it leaves the scalp and reappears, uninvited, on men’s faces after forty.
Hair as Identity
In Haiti, a hairstyle is a social passport. It signals where you come from, how much you earn, and sometimes even how you vote, without a ballot.
For men, styles map personal trajectories, from the sharp precision of a fade to the austerity of a military cut, from close cropped discipline to the acceptance of time. Rastafarian styles carry more than aesthetics. They express a worldview. At the center of this daily theater stands the neighborhood barber, part craftsman, part philosopher, narrating politics, sports, inflation, and relationships over the hum of clippers.
For women, the stage is the beauty salon, a space of transformation, debate, and quiet resistance. Between relaxers and extensions, conversations move seamlessly from love and money to religion and geopolitics. In places like Little Haiti in Miami, these salons are more than businesses. They are cultural anchors where news, humor, and memory circulate as freely as hair products.
And then there is the quiet feat of maintaining a flawless wig in extreme heat without air conditioning. In a public market like Aquin’s, it borders on Olympic performance. In Miami, under a different sun but the same humidity, the discipline remains. Occasionally, a woman taps her head lightly, unable to scratch without dismantling the architecture. In that restrained gesture lies a lesson. Even discomfort can remain elegant.
The Rise of the Wig
Wigs in Haiti deserve their own anthem. Brazilian, Peruvian, Malaysian, Chinese. Some bear almost sacred names: Divine, Curly, Bob, Glueless, ranging from eight to twenty-two inches in length, with densities up to two hundred percent. They form a sophisticated arsenal of self-presentation. Their cost often exceeds the minimum wage. Their upkeep demands patience, strategy, and resilience, mirroring a society where appearance functions as both language and survival tool.
The preference for straight hair is not simply a rejection of identity. It is often an adaptation. In a society long shaped by European standards, straight hair became a kind of social passport. Yet the conversation extends beyond Haiti. In countries like Ghana and Kenya, institutions have encouraged natural hair as part of cultural reclamation. The underlying question remains: who defines beauty in postcolonial societies, and how does that definition travel with migration?
A younger generation is shifting the answer. Natural textures, afros, braids, twists, and locks, are returning with force. The movement is not a fashion. It is reclamation, visible as much in Port au Prince as in Broward County.
Beauty and Its Hidden Costs
Hair extensions tell another story, one of endurance. Often worn for weeks without washing in Haiti’s humid climate, they create an ideal environment for fungi and bacteria. Dermatologically, this can lead to scalp inflammation, infections, and chronic conditions. Yet the styles endure. Because beyond comfort, there is presentation. And in Haiti, as in the diaspora, endurance itself is a form of elegance.
A Language Between Women
These hairstyles are not always meant for male attention. They are often a dialogue among women, a subtle language marking time, care, celebration, or transition. In supermarkets from Port au Prince to Miami, one might see a woman impeccably dressed, nails polished, eyelashes perfect, and a bonnet covering her hair. Not negligence, but protection. What took hours and investment must be preserved. The scalp may struggle to breathe, but the hairstyle speaks clearly.
Men and Their Quiet Battles
Haitian men are not exempt. At twenty-five, their hair is sharp and deliberate. By thirty-five, recession begins. By forty-five, it has settled into permanence. Then come the remedies: garlic, onion, menthol lotions, seawater at sunrise, and sometimes prayer. Acceptance varies, but one rule persists. A man overly concerned with his hair invites suspicion. Even in absence, hair remains serious business.
When Health Steps In
Hair speaks. It reveals deficiencies, stress, and hormonal imbalances. But in Haiti, when hair begins to fall out, the first instinct is not to seek a doctor. It is to search for an invisible explanation.
“Se moun ki fè ou sa” (Someone did this to you).
“Yo pran cheve w nan dlo” (They took your hair in water).
The dermatologist comes afterward, often too late.
Hair in Haitian Spirituality
Hair is not only biological. It is spiritual. In Haitian Vodou, it is intimately linked to the head, to the “gwo bon zanj,” the inner essence of a person, that fundamental part of the self that connects the visible world to the invisible.
A child whose hair has not yet been cut receives special attention. The head is not yet fully open to the world of spirits. My uncle Prevent, a hougan from Zangle, kept a lock of his son Jean Claude’s hair, Guito to those close to him, as if it were a living presence, carefully hidden away from unknowing hands, in that quiet space where memory becomes responsibility.
Hair is not trivial. It is a trace, a signature, a connection to self. In Haiti, leaving your hair just anywhere is not a neutral act. What comes from you can always be taken back and placed in the service of other forces.
June 24: Purifying the Head
In Haiti, certain hair practices are also part of a symbolic calendar. June 24, associated with Saint John’s Day, is often seen as a moment of purification. Some women cut their hair very early in the morning, before speaking to anyone, as if shedding what has accumulated, both visible and invisible. It is sometimes said that hair grows back better after this gesture. Perhaps it is the moon. Perhaps it is faith. Or perhaps it is simply the deeply human need to begin again.
The Silent Ritual
When I was a child, I watched my older sisters, Paula and Suzy, prepare themselves as if for a ritual. They sat patiently, focused. There were precise gestures, serious expressions, and at times, that silent pain no one commented on. I observed from a distance, convinced that what was happening belonged at once to science, to courage, and to a kind of feminine mystery that was not meant for me. I did not understand everything. But I knew it was not ordinary.
From Straightening Comb to Lace
Long before modern products, irons heated over red-hot charcoal were used to straighten hair with an almost initiatory rigor. The heat was real. The burns were real. This was not vanity. It was commitment. In the 1970s, chemical relaxers took over. Chemistry replaced the straightening comb, promising longer lasting results. But the smell, the silence, and the same quiet anxiety remained. Would it burn today? The scalp, for its part, did not always have a say.
Today, lace has transformed the landscape. It is no longer simply a matter of altering hair, but of recreating it entirely. The root becomes illusion. The hairline becomes an engineering work. Nature itself now seems negotiable. We no longer burn as before. We adjust. We glue. We perfect. Progress has changed its methods, but not its demands. The pursuit remains the same, only more sophisticated, more discreet, and more expensive. Through these practices, this is no longer just about hair. It is about the body, identity, and the gaze of others. Between African heritage that values natural texture, colonial pressure that imposed European standards, and a Haitian creativity that is always negotiating, hair becomes a terrain of compromise, sometimes subtle, sometimes conflictual.
Lace, or the Price of Illusion
Lace represents perhaps the peak of hair engineering. A near perfect illusion. A hairline almost impossible to detect. But every illusion comes at a cost. Through repeated applications, removal, and repositioning, lace exerts continuous traction on natural hair. Over time, some women develop traction alopecia, particularly along the frontal and temporal areas.
This condition, well known in dermatology, corresponds to a progressive, and sometimes irreversible loss of hair in areas under tension. There is a quiet irony here. This form of hair loss can become more pronounced than what is observed in some men. And this is where another cycle begins. Continue with lace to conceal the loss, or transition to a wig—one solution calling for another. Hair progress, at times, functions like a promise that renews itself precisely because it never truly ends.
Miracle Products and National Disasters
The search for perfect hair has also produced its share of quiet tragedies. Who has not encountered the “miracle relaxer” that burns more than it smooths? Or the “one hundred percent natural oil” that smells suspiciously like industrial solvent? Haitian beauty shelves resemble a chemical museum: Pink Lotion, Blue Magic, Miss Antilles, Cantu, Palma Christi oil, Baba Soudanais, Crème Maria. And yet, despite all this, women continue to experiment, to reinvent themselves, to braid, to straighten, to relax, to return to their roots. Because hair is not only an intimate battleground. It is also a space of freedom.
Hair, Class, and Stereotypes
In Haiti, hair texture has long been associated with social class. Fine hair was valued. Tightly coiled hair was marginalized, a lingering inheritance of a colonial past not fully resolved. But things are changing. In universities, in media, in institutions, more and more women are reclaiming their natural texture. The irony is striking. Today, some pay a high price to achieve what was once rejected artificially. The circle closes.
A Mirror of the Mind
Our hair reacts to our emotions. Heartbreak brings shedding. Economic crisis brings dryness. Political tension frays nerves, and sometimes hair along with it. In Haiti, hair becomes a national metaphor. Resilient, sometimes tangled, often tested, but never entirely lost. To style one’s hair becomes an act of control. A way of restoring order in a world that often lacks it.
The Final Lesson of Hair
Hair teaches patience, humility, and resilience. It grows, falls, and grows again. It changes with us, without asking permission. It reminds us that beauty is not imitation, but appropriation. There is no good or bad hair. Only different stories.
A Country of Heads Held High
Haitian hair tells the story of a people who refuse to be shaped by chance alone. It speaks of resistance to heat, to hardship, to prejudice. It reveals creativity, contradiction, and humor. In South Florida, that story continues. It lives in barbershops, in beauty salons, in family kitchens, and in quiet moments of care. It lives wherever Haitians rebuild a sense of self far from home.
So, the next time you run your hand through your hair, remember that you are touching more than keratin.
You are touching a fragment of history, of science, of spirituality, and of that quiet, stubborn grace that allows us, every morning, to begin again.
Aldy Castor, MD
July 2026


Pleurons avec ceux qui pleurent!
Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin; car c'est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à coeur. Mieux vaut le chagrin que le rire; car avec un visage triste le coeur peut être content.
Le coeur des sages est dans la maison de deuil, et le coeur des insensés dans la maison de joie. Lévitique 7:2
Dr Bien-Aimé a quitté le monde des vivants trop top en laissant sa femme et ses enfants. J’invite les membres de la communauté de AMHE à supporter sa femme et son entourage pendant ces moments de grande tristesse.
La famille vous accueillera au Complexe funéraire Magnus Poirier situé au 10300 Boul. Pie-Ix à Montréal, H1H 3Z1, le vendredi 14 août 2026 de 17h à 21h ainsi que le lendemain matin dès 8h.Les funérailles seront célébrées le samedi 15 Août 2025 à 10h en l'église de Dieu de la Prophetie Montréal-Nord, 10280 Ave Garon, Montréal-Nord, H1H3S9, suivi de l'inhumation au cimetière de Laval, 5505 Ch du bas Saint-François, Laval.

Rest in Peace Dr Pouponneau MD et que la terre te soit legere.
AMHE

Rest in Peace Jacques, mon amy et que la terre te soit legere. Condoleancea a la famille tant en mon nom presonnel qu'en celui de la AMHE.
Maxime Coles MD
AMHE

Ils partent l’un après l’autre, ces compagnons de la Promotion Jean Price Mars, comme s’ils attendaient le Jubilee d’or que nous avons fêté récemment. Une vie de travail au service d’une Nation qui nous a offert une éducation balancée et sans faille dont nous pouvons être fiers. Cinquante années de Medecine et de dévotion qui demandent des comptes à ces septuagénaires affaiblis que nous sommes devenus.
J’ai beau écrire à propos de ces amis disparus, à travers le temps pour effacer ma peine, mais il me semble qu’à chaque circonstance, nous perdons une portion de nous-même. Je revois tous ceux qui nous ont quitte durant le cours de notre existence et je me souviens bien des raisons de leur départ : un accident, une maladie, le COVID, un tremblement de terre…
Georges Edouard nous a quitté, suite a une longue maladie mais il voulait absolument fêter avec nous. Sa vie tenait à un fil mais il nous a encore montrer sa résilience alors qu’il attendait les festivités de notre 50eme anniversaire de la Promotion pour faire sa révérence.
« Long Couteau » était un défenseur farouche qui prenait sa tache au sérieux sur un terrain de football, avec le Don Bosco ou notre équipe a l’école de Medecine. Agressif et parfois féroce par moments mais tenace et compètent, il avait adopté cette attitude dans tout ce qu’il abordait. Il était intransigeant, travailleur minutieux en besogne et il prônait une discipline cartésienne.
Il laisse une épouse affligée, Magda et trois enfants qu’il a choyé et protégé tout en instillant en eu cet esprit sportif. Je profite de l’occasion pour lui faire part de nos salutations distinguées tant en mon nom personnel qu’en celui de la AMHE et de la Promotion 1976.
Adieu Georges, mon ami et que la terre te soit légère. We are still waiting for the family, informations on Church services.
PS.
At "All Saints Catholic Church": 10900 W Oakland Park Blvd. Sunrise, FL 33351 11:30 am, une Messe d’action de Grace à la mémoire de Georges Édouard MD, sera chantee.
Maxime Coles MD
AMHE Newsletter

Claude Pean MD aussi, nous a quitté trop top. Elle était la petite « Claudia » comme j’aimais à l’appeler : une étincelle de joie qui ramenait l’allégresse sur son passage, dans un sourire contagieux et franc. Elle était une fée du bonheur.
J’ai essayé de la rejoindre au début de la semaine pour discuter d’un article que j’écrivais pour l’Infolettre de la AMHE sur la Lepre et je voulais utiliser quelques photos de sa collection pour enrichir mon texte. Son téléphone a sonné en vain mais elle n’a pas répondu à mes appels. Elle qui était si spontanée et qui faisait toujours suite à nos conversations. J’ai conclu qu’elle me rappellerait sans doute. Mais J’ai eu la surprise de ma vie en apprenant son départ prématuré vers l’au-delà.
Les mots me manquent pour traduire la peine dans mon cœur. Elle était une amie sincère, qui savait nous aborder dans une élégance recherchée et subtile. Et j’aurais tant de beaux souvenirs à partager, de nos bancs d’école de Medecine à nos jours mais je me contenterai de m’attarder sur son sourire et sa joie de vivre, qui resteront à jamais graves dans ma mémoire.
Je veux prendre l'occasion pour presenter mes condoleances emues a son fils Raphael et a ses deux filles Michelle et Isabelle et leur famille respective, a sa soeur Francoise Pean Gilbert et a ses enfants, a Sergot Guichard, aux familles Pean, Guichard et autres ainsi qu'a tous les amis affectes par son depart tant en mon nom personnel qu'en celui de la AMHE.
Si mes camarades de promotion sont partis trop tôt, meme après avoir accompli leur mission sur terre, je sais pertinemment qu’ils sauront préparer le chemin pour nous recevoir sous peu. Le train de la vie est ponctuel et ne s’arrête qu’à la station désignée pour chacun d’entre nous.
Les funerailles de Claude Pean MD seront chantees a la paroisse de St Therese de Petion Ville, le 17 Aout 2026 des 9 H AM.
Merci du privilège de vous avoir connu tous les deux, comme compagnons de promotion et comme amis de longue date. Que ce Dieu de Misericorde vous reçoive tous les deux, Georges et Claude. dans votre demeure éternelle. Que la terre vous soit légère. Nous ne vous oublierons jamais.
Maxime Coles MD
AMHE Newsletter

A Mes Amis Disparus
Errer durant toute une vie
A la recherche du Bonheur,
Vous donne cette envie
De fuir tout en pleurs.
Comme l’eau d’une rivière qui s’écoule
Sans jamais se laisser saisir,
Emportant vers la foule
Le message d’un désir,
La vie est éphémère et le temps s’enfuit
Oubliant les amis qui nous laissent
L’un après l’autre, dans la nuit
Souvent sans un Au revoir qui blesse...
Sur un chemin parsemé et court
Nous amasserons des fleurs
Pour embellir leur parcourt
En formant un bouquet en pleurs.
Efforçons-nous de sourire
Pour leur préparer une liqueur
Du nectar d’un profond soupir,
Qui s’apprécie de tout chœur.
Amis d’enfance et amis de toute une existence
Soyez heureux dans votre nouvelle demeure
Et préparez-nous le terrain, dans l’essence
De nous revoir, sans peur.
Maxime Coles MD
3-28-19
Ce poeme est dedie a Claude Pean MD et a Georges Edouard MD de meme qu'a tous les cammarades de la Promotion Jean Price Mars de 1976 dont la vie a ete fauchee prematurement. Ce n'est qu'un aurevoir. MC
Jean Price Mars 1976 Promotion





Friends and colleagues,
Please join us in welcoming Dr. Jean Moise Merci as HsCC’s first Program Coordinator!
This is a giant leap forward for HsCC. Dr. Merci will be dedicated to coordinating communication with the MSPP, community leaders, and our consortium of partners and affiliates, while also facilitating the work of our various working groups.
Dr. Merci is starting at 20 hours per week, with the goal of transitioning to full-time as we secure the financial support needed for this position. He brings valuable experience in oncology research, management of multicenter programs, and REDCap.
We are excited to see how Dr. Merci’s experience, energy, and leadership will help us accelerate implementation of our strategic plan in the coming months and years.
Please join us in welcoming him to the HsCC team!
HsCC Board of Directors
(David Walmer MD)
Friends and colleagues,
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Dr. Merci is starting at 20 hours per week, with the goal of transitioning to full-time as we secure the financial support needed for this position. He brings valuable experience in oncology research, management of multicenter programs, and REDCap.
We are excited to see how Dr. Merci’s experience, energy, and leadership will help us accelerate implementation of our strategic plan in the coming months and years.
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HsCC Board of Directors
(David Walmer MD)

Hi Maxime, comptant sur ta présence. J’ai vu que tu as écrit un article sur AMHE Newsletter a propos des fractures de Lisfranc. j’ai eu cette fracture lors du tremblement de terre en Haiti. J’ai subi une opération par un "foot surgeon" en Floride... The Foot is doing well with minimal sequelae. I will read the article...
(Jacqueline Gauthier)
Merci Jacqueline pour l’intérêt que tu as porte à cet article sur les Lisfranc fractures du pied et j’applaudis ton enthousiasme à le lire tout en discutant avec moi le contenu au téléphone. J’ai pu comprendre combien tu as dû passer de mauvais moments jusqu’à bénéficier d’une opération corrective pour reconstituer l’arche de ton pied. Je sais que tu as survécu les douleurs du post operatoire et tu as surement bien récupéré de ce traumatisme. Domage que Tu n'arrives plus a utiliser les souliers à talons hauts d’antan mais Je me réjouis de voir que tu aies ete plus chanceuse que, beaucoup d’autres. L'arthrite prendra du temps pour s'installer. Bonne chance.
(Maxime Coles MD).
I am fascinated by your article : Multiracial or Mixed-race people.The topic is well chosen, with a guiding thread, very relevant, It shows deep work and a careful study to bring out clear and useful facts . Excellent job !!!
Thank you for sharing
(Michel Brutus)
Merci, Michel, comme tu le vois bien, nous vivons dans un monde fascinant dans lequel le melange des races demontre comment il est difficile d'accepter ces notions de discriminations qui se font a tous les niveaux dans le monde. Il suffit de penser a un noir qui aurait des yeux gris-vert que de savoir que le gene associe a cette couleur derive d'une lignee originaire de la Norvege ou du nord de l Europe... Alors comment il peut aussi se trouver en Afrique ou ailleurs ...
(Maxime Coles MD)
Ce genre de fracture (Lisfranc) même bien traitée peut laisser des séquelles avec une déformité à l’arche du pied, empêchant celui ou celle qui l’a expérimenté, de marcher adéquatement. Fais-moi savoir si cela t'a pwrmis de mieux comprendre cette fracture de Lisfranc. Merci aussi de nous le faire savoir et n'hesite pas a me rejoindre si necessaire. Nous restons disponible pour repondre a toutes questions.
(Maxime Coles MD)


The Emergency Department as Social Infrastructure in the United States
Abstract: The emergency department (ED) in the United States has evolved far beyond its formal clinical mandate of stabilizing acute illness and injury. In practice, it functions as a form of social infrastructure: a public-facing institutional space that absorbs failures originating elsewhere in the healthcare system and in wider social order. Patients arrive not only with trauma, stroke, sepsis, or chest pain, but also with untreated mental illness, housing instability, food insecurity, addiction, lack of primary care access, bureaucratic coverage barriers, and the consequences of social abandonment. This article argues that the American ED should be understood not merely as a site of episodic emergency intervention, but as a civic and institutional safety net that compensates for fragmentation across healthcare financing, outpatient access, behavioral health capacity, and social welfare systems. The analysis explores how the ED became this default infrastructure, what burdens this role imposes on clinicians and hospitals, and how it reshapes questions of access, equity, quality, and leadership. It further contends that emergency crowding, boarding, and burnout are not isolated departmental failures, but predictable expressions of systemic design. Reframing the ED as social infrastructure clarifies both its indispensable civic role and the dangers of overreliance on it. Sustainable reform requires not only operational improvement within emergency medicine, but upstream investments in primary care, behavioral health, care coordination, and social policy. Without such restructuring, the emergency department will remain the place where institutional insufficiencies are converted into clinical urgency.
Introduction:
In the American imagination, the emergency department is often understood as the healthcare system's front line for acute crisis: the place where heart attacks are recognized, traumatic injuries are stabilized, overdoses are reversed, and life-threatening symptoms are evaluated without delay. This understanding is correct, but incomplete. In the contemporary United States, the emergency department also serves another function that is less formally acknowledged yet more socially revealing. It operates as a form of social infrastructure - a public institutional space that receives the human consequences of systemic breakdowns occurring across medicine, public policy, and community life.
To call the ED social infrastructure is to recognize that it does far more than provide emergency clinical care. It is one of the few spaces in American society that remains continuously open, geographically distributed, legally accessible, and operationally obligated to respond regardless of a person's insurance status, income, housing condition, psychiatric instability, or bureaucratic invisibility. The ED is therefore not simply a medical site. It is an institutional absorber of abandonment. When primary care is inaccessible, when behavioral health is exhausted, when families cannot manage an aging relative, when a patient cannot navigate insurance rules, when shelters are full, or when social services are fragmented beyond practical use, the emergency department becomes the place where the consequences converge.
This article argues that the emergency department should be understood as one of the most important civic institutions in the United States precisely because it has become the default receiver of unmet medical and social need. Such framing helps explain why emergency departments are chronically crowded, why boarding has become normalized, why clinicians in these settings face extraordinary moral and operational pressure, and why attempts to "fix" emergency care solely through internal workflow redesign often fail to address the real sources of strain. The ED is not overwhelmed because emergency medicine is poorly organized in the abstract; it is overwhelmed because it has been assigned responsibility for the unresolved contradictions of the wider American healthcare and social order.
The Emergency Department and the Logic of Last Resort
The emergency department occupies a distinctive place in the American institutional landscape because it functions under a legal and ethical expectation of openness. Unlike many outpatient settings, it cannot simply refuse to evaluate people based on immediate inability to pay. This accessibility has made it a critical point of entry into care, especially for uninsured, underinsured, socially marginalized, or medically complex populations. Yet the role of the ED as a last resort is not merely about insurance gaps. It is equally about time, convenience, trust, and system navigation.
Patients often present to emergency departments because the rest of the healthcare system is difficult to access in real time. Primary care appointments may be booked weeks in advance. Specialist referrals may require authorization barriers and prolonged waits. Behavioral health services may be unavailable, geographically distant, or financially inaccessible. Post-discharge follow-up can be erratic. Home care may be delayed. Transportation may be unreliable. For many patients, the emergency department is not chosen because it is ideal, but because it is legible: it is open, visible, and actionable.
This is why ED must be interpreted both sociologically and clinically. It functions in the same broad family as other forms of public infrastructure: not because it solves every underlying problem, but because it remains one of the few institutions that cannot easily withdraw from social exposure. People come to the ED not only when they are critically ill, but when every other pathway has become too slow, too fragmented, too expensive, or too opaque.
The ED as a Receiver of Social Failure
The modern emergency department routinely absorbs needs that are not strictly reducible to emergency pathology. Clinicians encounter patients whose immediate medical complaints are inseparable from homelessness, hunger, domestic violence, untreated psychosis, substance use disorder, medication unaffordability, or inability to obtain follow-up care. In such cases, the clinical encounter cannot be cleanly divided between "medical" and "social" domains. The patient's condition is often the direct expression of both.
A patient with uncontrolled diabetes may present in metabolic crisis because of food insecurity, intermittent pharmacy access, or unstable housing. An older adult may return repeatedly not because the medical treatment failed, but because no viable caregiving structure exists at home. A person with depression, suicidality, or psychosis may board in the ED for days because psychiatric beds are unavailable. A patient with chronic pain may seek relief in the only place that is continuously open. A person with a minor infection may come to the ED because delayed primary care would convert a manageable problem into a dangerous one.
These are not exceptional cases; they are emblematic of how the emergency department operates within the American social order. The ED becomes the physical location where structural insufficiencies are translated into urgent encounters. In this respect, it is not only a healthcare setting but a diagnostic institution for society itself. What presents there is not simply illness, but the lived interface between illness and abandonment.
Behavioral Health, Boarding, and Institutional Compression
Nowhere is the ED's role as social infrastructure more visible than in behavioral health. Across the United States, emergency departments have become de facto holding environments for patients in psychiatric crisis. This is not because the ED is the ideal therapeutic setting for prolonged psychiatric care. It is because inpatient psychiatric capacity is limited, community services are uneven, outpatient follow-up is often inadequate, and crisis systems remain underdeveloped or poorly coordinated.
The result is that boarding patients remain in the emergency department for extended periods after a decision has been made that they need placement elsewhere. Boarding is often discussed as an operational problem, and it is one. But it is more fundamentally a manifestation of institutional compression. The ED is forced to hold what the rest of the system cannot receive. Beds are unavailable, transport is delayed, authorizations take time, and placement pathways are constrained. Emergency care thus becomes a zone of suspended transfer.
This has cascading consequences. Boarding consumes beds, extends wait times, increases crowding, intensifies staff stress, reduces privacy, and weakens therapeutic experience for all patients involved. A department designed for rapid assessment and stabilization becomes a warehouse for unresolved system incapacity. No internal efficiency strategy can fully solve this if the underlying shortages remain upstream and downstream.
Equity, Access, and the Geography of Emergency Dependence
ED’s civic role is also deeply tied to questions of equity. Communities with weaker primary care networks, higher poverty, fewer transportation options, more housing instability, and higher rates of uninsurance or underinsurance often rely more heavily on emergency departments. Rural hospitals, urban safety-net institutions, and under-resourced regions disproportionately bear this load. In such settings, the emergency department becomes an anchor institution not only for medicine, but for community survival.
This dependence reveals a paradox. The ED is often criticized for being an expensive site of care for nonemergent conditions, yet such criticism can obscure the structural conditions that make emergency use rational. It is easy to say that some patients "should have gone elsewhere." It is more difficult, and more honest, to ask whether there was a timely, affordable, trusted, and logistically available "elsewhere" to begin with.
Understanding the ED as social infrastructure shifts the moral frame. It directs attention away from blaming patients for using accessible services and toward examining the fragmented architecture that makes emergency care the most realistic option. In this sense, the emergency department is both a clinical institution and a map of social inequality. Its waiting room often reveals who has been structurally excluded from smoother, safer, and earlier forms of care.
Workforce Burden and Moral Distress
If the emergency department is a receiver of social failure, then emergency clinicians become interpreters and managers of crisis far beyond conventional biomedical tasks. Physicians, nurses, technicians, social workers, and case managers must not only diagnose and stabilize acute conditions but also navigate housing barriers, family breakdown, insurance obstacles, psychiatric holding, intoxication management, violence risk, and discharge impossibility. This requires a kind of professional elasticity that is both admirable and exhausting.
The burden is not merely quantitative. It is moral. Clinicians know that many of the recurrent crises they treat are products of preventable system gaps. They discharge patients into conditions likely to reproduce harm. They board psychiatric patients in unsuitable settings. They treat medically stabilized individuals who cannot be safely placed. They face pressure to
maintain throughput in environments where many patients need time, coordination, and social intervention rather than rapid transactional care.
This mismatch produces moral distress and contributes to burnout. Emergency clinicians are asked to perform high-stakes medical work while simultaneously compensating for institutional absences they did not create and cannot resolve alone. When leaders interpret crowding or turnover solely as labor-management problems, they miss the deeper truth: the workforce is straining under the weight of a society that increasingly routes unmet need through emergency care.
Why Operational Reform Alone Is Not Enough
Operational reform remains necessary. Better triage, improved bed management, stronger observation protocols, embedded care coordination, and more efficient diagnostic pathways can improve emergency department performance. Yet these interventions have limits. They can optimize flow within the ED, but they cannot alone correct the external conditions producing excess demand and delayed exit.
A system in which primary care remains difficult to access, psychiatric beds remain scarce, post acute care remains fragmented, and social instability remains clinically active will continue to overload emergency settings. The illusion that emergency crowding can be solved entirely inside the emergency department is analogous to believing that a flood can be controlled solely by redesigning the drainage grate while ignoring the stormwater system upstream.
This is why leadership must treat the ED as a signal-generating institution. Patterns of ED use reveal failures elsewhere. Repeating visits may indicate outpatient instability. Boarding may indicate psychiatric shortage or post-acute blockage. Long wait times may indicate inpatient throughput problems. Frequent low-acuity visits may indicate inaccessible community care. Violence risk may indicate broader social stress. The ED does not merely experience these pressures; it reports them, if leaders are willing to read the data politically as well as operationally.
Toward a More Honest Policy Framework
If the emergency department is social infrastructure, then policy must stop treating it as though it were only a clinical endpoint. A more honest framework would recognize that emergency departments are doing compensatory work for deficits in primary care, mental health, housing support, long-term care, addiction services, and insurance navigation. Reform must therefore be cross-sectoral.
This means investing in accessible primary care with extended hours and meaningful continuity. It means strengthening crisis response systems and psychiatric capacity so that behavioral health emergencies do not default to prolonged ED boarding. It means supporting care transitions, home-based services, and post-acute placement pathways. It means integrating social needs screening with real resource linkage rather than symbolic documentation. It also means protecting safety-net hospitals whose emergency departments carry disproportionate community burden.
Most importantly, it means acknowledging that emergency medicine cannot indefinitely absorb the consequences of policy neglect without degradation in quality, staff well-being, and public trust. Social infrastructure can stabilize a society only up to a point. Beyond that point, chronic overload becomes institutional erosion.
Conclusion
The emergency department in the United States is not merely a department within a hospital. It is one of the country's most consequential public-facing institutions - a site where medical urgency, social inequality, administrative fragmentation, and civic abandonment meet in real time. To understand the ED only as a place for acute treatment is to miss its deeper function in American life. It has become the location where the failures of outpatient access, behavioral health capacity, social support, and policy coordination are converted into immediate human need.
Recognizing the ED as social infrastructure clarifies why emergency crowding, boarding, workforce burnout, and recurrent avoidable crises persist despite continuous operational effort. These are not simply local inefficiencies. They are the predictable outcomes of assigning one institution responsibility for what many other institutions have failed to provide. The emergency department remains indispensable precisely because it still answers when other systems do not.
But indispensability should not be mistaken for sustainability. A healthcare system that relies excessively on its emergency departments to compensate for upstream weakness is not resilient; it is improvisational. If the United States wishes to preserve both the clinical excellence and civic function of emergency care, it must reduce the degree to which emergency departments serve as default substitutes for inaccessible routine care, absent psychiatric infrastructure, weak discharge systems, and unattended social distress. The future of emergency medicine depends not only on what happens inside the ED, but on whether the nation is willing to rebuild the systems whose failures arrive there every day.
Frantz Bonnaire Fils MD
Healthcare Leader and Strategist
References:
Agency for Healthcare Research and Quality. (2024). Care coordination. ahrq.gov
American College of Emergency Physicians. (2023). Boarding of admitted and psychiatric patients in the emergency department. acep.org
American Hospital Association. (2024). The costs of caring: Emergency department boarding and hospital capacity strain. aha.org
Asplin, B. R., Magid, D. J., Rhodes, K. V., Solberg, L. I., Lurie, N., & Camargo, C. A., Jr. (2003). A conceptual model of emergency department crowding. Annals of Emergency Medicine, 42(2), 173-180. doi.org
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Hsia, R. Y., & Niedzwiecki, M. J. (2017). Avoidable emergency department visits: A starting point. JAMA Network Open, 317(14), 1433-1434. doi.org
Institute of Medicine. (2007). Hospital-based emergency care: At the breaking point. National Academies Press. doi.org
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Roche, M., Duffield, C., Homer, C., Buchan, J., & Dimitrelis, S. (2015). The rate and cost of nurse turnover in Australia. Collegian, 22(4), 353-358. doi.org
Sun, B. C., Hsia, R. Y., Weiss, R. E., Zingmond, D., Liang, L.-J., Han, W., McCreath, H., & Asch, S. M. (2013). Effect of emergency department crowding on outcomes of admitted patients. Annals of Emergency Medicine, 61(6), 605-611.e6. doi.org
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LE PÈLERINAGE DE LA MÉMOIRE
UN TEXTE DÉDIÉ À MA FEUE MÈRE BERNADETTE DONT AUJORD’HUI 20 AOÛT RAMENE L’ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE.
Lors de ma dernière visite à Hinche, ville de mon enfance et de mon adolescence, je ressentis soudain l’irrésistible besoin de retourner vers mes anciennes écoles, primaire et secondaire, puis vers ce temple où, quelques jours seulement après ma naissance, je fus présenté pour la première fois à l’assemblée.
Dans ma dénomination religieuse, le baptême survient plus tard, généralement à l’âge adulte, celui auquel le Christ lui-même reçut le baptême des mains de Jean-Baptiste. Pour les nouveau-nés, nous parlons plutôt de « présentation au temple ».
Mais, au fond, il ne s’agit peut-être que d’une question de sémantique ou d’interprétation biblique. Dans un cas comme dans l’autre, l’enfant est officiellement introduit au sein de la communauté spirituelle de ses parents. Il entre symboliquement dans cette grande famille de croyants dont les géniteurs font déjà partie.
En tentant de comprendre ce besoin si intense de revisiter ces lieux, je me suis rappelé que, pour beaucoup de familles haïtiennes traditionnelles, la maison, l’école et l’église constituaient les trois piliers de l’enfance. C’était là que l’enfant apprenait à connaître le monde, à développer son intelligence, à former sa sensibilité et, peu à peu, à épanouir toutes les promesses encore endormies en lui.
Certes, il existait ailleurs des salles de théâtre, des salles de cinémas, des parcs et des terrains de sport où les habitants des grandes villes pouvaient se rencontrer, se distraire et nouer des amitiés. Mais, dans les communes et les faubourgs de mon temps, où grandissait pourtant une grande partie de notre jeunesse, ces lieux de loisirs étaient rares, voire inexistants.
Ainsi, la quête des habitudes d’un temps révolu demeure-t-elle souvent profondément enracinée dans notre subconscient. Elle y reste plantée comme une semence presque indélébile, prête à germer lorsque le présent devient trop sombre, trop nuageux, trop accablant.
Lorsqu’on quitte son pays natal pour aller vivre ailleurs, on emporte avec soi une image figée de ses rues, de ses maisons et de tous les espaces autrefois parcourus. La mémoire les conserve tels qu’ils étaient au moment du départ, comme si elle avait voulu les arracher à l’usure des années. Pourtant, puisque « l’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », et que l’on ne respire pas davantage deux fois le même courant d’air., il faut donc admettre que tout s’écoule, et que tout se transforme. La vie est mouvement, et chaque expérience est nouvelle, même lorsqu’elle semble répéter la précédente.
Ceux qui sont restés au pays, ou qui ne l’ont jamais quitté, ont assisté jour après jour au lent déclin du mode de vie qu’ils avaient connu. Ils en ont observé les étapes successives et, tant bien que mal, ont dû s’y habituer. Mais les expatriés qui reviennent après douze, quinze ou vingt années d’absence reçoivent souvent le changement comme un choc brutal. Ils ont peine à croire ce que leurs propres yeux leur révèlent, tant les choses ont évolué — et, malheureusement, pas toujours dans le bon sens.
Lorsque nous nous tournons vers les souvenirs et les récits d’autrefois, nous espérons souvent y trouver un refuge, une échappatoire capable de rendre le présent moins infernal et moins harcelant. Mais, malgré les frustrations qui assombrissent notre quotidien, il faudrait prendre garde à ne pas s’abandonner à une nostalgie stérile.
Car nous avons trop souvent tendance à nous enivrer d’un passé qui, au lieu de nous servir de repère pour éclairer l’avenir, devient parfois une véritable entrave à notre développement. C’est le syndrome de l’enfant riche qui se glorifie de la fortune de ses parents, s’y prélasse, la dilapide, mais ne songe jamais à l’accroître par son propre travail.
Parfois, il ne reste presque plus rien de ces temps glorifiés, sinon des ruines mal entretenues et quelques récits déformés par les années. Pourtant, nous continuons à nous en égosiller, comme si les mots pouvaient, à eux seuls, ressusciter ce que notre négligence a laissé mourir.
En retrouvant, tant d’années après mon départ, les lieux de mon enfance, je compris combien tout avait changé — ou presque. Le temps, qui transforme nos visages, nos corps et nos pensées, métamorphose également les paysages jusqu’à les rendre parfois méconnaissables.
Je compris alors comment une simple goutte d’eau, tombant patiemment au même endroit durant des années, peut finir par marquer le rocher et même y creuser un trou, si dur soit-il. Telle est la puissance silencieuse de l’usure : le temps ne frappe pas toujours avec violence, mais rien ne résiste éternellement à sa persévérance.
Je réalisai que ma mémoire, mon subconscient et jusqu’aux régions les plus élevées de ma conscience étaient demeurés trop longtemps figés sur des lieux, des événements et des idées qui avaient depuis longtemps disparu. Ou peut-être d’autres réalités étaient-elles venues les remplacer au fur et à mesure que s’écoulaient les années, sans toutefois parvenir à les effacer entièrement de mon imaginaire.
Je n’ai point retrouvé les sentiers que je parcourais autrefois.
Je n’ai point entendu les oiseaux dont le chant accompagnait jadis mon réveil. Pourtant, ils étaient encore là lorsque je suis parti.
Et, comme pour me rappeler que la nature reprend toujours ses droits, l’herbe avait repoussé là où nos pas répétés traçaient autrefois un sentier dans la rosée du matin. Là où couraient les enfants, le silence avait étendu son royaume.
La penderie dans laquelle papa choisit un jour une cravate, avant de m’apprendre à faire mon premier nœud et de me demander de l’accompagner à une cérémonie, s’était depuis longtemps effondrée, vaincue par l’abandon. Par ce geste apparemment ordinaire, il semblait pourtant vouloir me transmettre quelque chose de lui-même. Il m’apprenait, sans grand discours, à devenir un homme à mon tour.
Aujourd’hui, le meuble n’est plus là, mais le geste de mon père demeure intact dans ma mémoire.
Rien ne semble avoir résisté aux assauts subtils, patients, mais invincibles du temps — de ce temps qui, lui aussi, s’en est allé. En voyant disparaître sous nos yeux et sous nos pas tant de choses que nous croyions immuables, nous découvrons enfin ce que signifie réellement grandir.
Nous aurions beau désirer redevenir enfants afin de nous libérer des soucis inhérents à l’existence, nous ne retrouverions ni les mêmes lieux, ni les mêmes voix, ni ces amis aujourd’hui dispersés aux quatre coins du monde. Nous ne retrouverions plus cette insouciance qui donnait aux jours anciens leur lumière, leur chant, leur charme.
Car l’enfance n’est pas seulement un âge : elle est un monde. Et lorsque ce monde disparaît, aucun chemin ne permet d’y retourner tout à fait.
Nous avançons ainsi dans le vaste labyrinthe de l’existence, portant chacun derrière nous une histoire singulière : une histoire tantôt brodée de regrets, tantôt chargée d’amertume, de désillusions ou de rêves inachevés. Chacun la ressent selon les blessures et les bonheurs qui lui sont propres. Chacun la raconte avec ses mots, ses silences et sa vérité.
Mais nul ne parvient jamais à tout saisir ni à tout comprendre.
Peut-être est-ce là le mystère de la mémoire : elle ne nous restitue jamais entièrement le passé. Elle n’en recueille que quelques éclats, semblables à des étoiles survivant dans la nuit. Et c’est avec ces fragments de lumière que nous tentons, malgré tout, d’éclairer le chemin qui nous reste à parcourir.
Rony Jean-Mary, M.D.
Le 20 Août 2026

The Quantum Frontier of Medicine:
How Quantum Mechanics and Artificial Intelligence Are Converging to Transform Health Care
Abstract
Quantum mechanics, once confined to physics laboratories, is increasingly shaping the tools of modern medicine. Quantum sensors are pushing magnetic resonance imaging (MRI) and related diagnostic modalities toward single-molecule sensitivity; quantum computers are beginning to simulate the electronic structure of drug-sized molecules and proteins with a precision classical computers struggle to match; and quantum machine learning, a hybrid of quantum computing and artificial intelligence (AI), is being explored for tasks ranging from cancer subtype classification to cardiotoxicity prediction. This review summarizes the physical principles that connect quantum mechanics to biomedicine, surveys current applications in drug discovery, medical imaging, and clinical AI, and discusses the technical and regulatory barriers that stand between today's early-stage demonstrations and routine clinical use.
1. Introduction
Quantum mechanics is the branch of physics describing how matter and energy behave at the atomic and subatomic scale. Its counterintuitive features, including superposition (a system existing in multiple states simultaneously), entanglement (correlations between particles that persist regardless of distance), and quantum tunneling, are not merely theoretical curiosities. They already underlie technologies used in hospitals every day, most notably conventional MRI, which manipulates the quantum spin states of hydrogen nuclei to generate images of soft tissue.
Two developments over the past decade have accelerated the relevance of quantum mechanics to medicine. First, engineers have learned to build devices, such as nitrogen-vacancy (NV) diamond sensors and optically pumped magnetometers, that exploit quantum coherence directly, rather than merely relying on quantum phenomena as MRI does. These devices can detect magnetic fields thousands of times weaker than earlier portable sensors could measure1,2 and are beginning to move from physics laboratories into pilot clinical studies.
Second, quantum computers, machines that store and manipulate information using qubits rather than classical bits, have matured enough to run early hybrid quantum-classical simulations of drug-sized molecules and small proteins3,4. At the same time, quantum machine learning (QML) has emerged as a distinct field that merges quantum computing with artificial intelligence, aiming to exploit quantum effects such as superposition and entanglement to represent and process complex, high-dimensional medical data more efficiently than classical neural networks5,6. This article reviews how these three domains, quantum mechanics, medicine, and artificial intelligence, are converging, and evaluates where quantum approaches are likely to benefit clinical practice in the near term versus the more distant future.
2. Quantum Mechanics Already Underlies Modern Medical Imaging
It is easy to overlook that quantum mechanics is not a future technology in medicine but a present one. Magnetic resonance imaging, in routine use since the 1980s, works because hydrogen nuclei possess a quantum property called spin; when placed in a strong magnetic field and excited by radio waves, these spins realign and then relax back to equilibrium, emitting signals that a scanner reconstructs into an image1. What is new is the emergence of a second generation of quantum sensors that measure these and other quantum properties directly and with far greater sensitivity than the coil-based detectors used in conventional MRI.
NV-center diamond sensors, which exploit a specific lattice defect in synthetic diamond, can operate at body temperature and in biological fluids, raising the possibility of implantable or wearable diagnostic devices2,7. Optically pumped magnetometers are being developed for magnetoencephalography (brain scanning) and magnetocardiography (heart scanning), potentially allowing earlier, non-invasive detection of arrhythmias and neurological abnormalities8. Researchers combining optical microscopy with nuclear magnetic resonance have demonstrated a quantum-enhanced imaging technique capable of visualizing chemical composition at a microscopic, near-molecular level, a capability its developers suggest could eventually inform drug development and materials analysis9. Early laboratory work has also reported that quantum-enhanced sensors may be able to resolve breast lesions smaller than one millimeter, well below the detection threshold of conventional mammography, though this work remains preliminary and has not been validated in large clinical trials7.
Separately, quantum computing algorithms are being investigated as a way to improve the image reconstruction step of MRI and computed tomography (CT), aiming to reduce noise, shorten scan times, and improve resolution in low-resource settings where access to high-field scanners is limited. This work is still largely theoretical and simulation-based, but it illustrates how quantum computation, not just quantum sensing, may eventually touch the imaging pipeline.
3. Quantum Computing in Drug Discovery
Drug discovery is fundamentally a quantum mechanical problem: the way a candidate molecule binds to a protein target depends on the arrangement of electrons, a system too complex for classical computers to simulate exactly once a molecule grows beyond a modest size. Classical methods such as density functional theory approximate these electronic interactions, but the approximations break down for challenging cases such as transition-metal catalysis, certain covalent inhibitors, and subtle protein conformational changes3,10. Quantum computers are, in principle, natively suited to representing quantum systems, which is why quantum chemistry has long been considered one of the most promising near-term applications of the technology.
Recent demonstrations illustrate both the promise and the current limits of this approach. In 2025, researchers from Qubit Pharmaceuticals and Pasqal used a neutral-atom quantum computer to predict the placement of water molecules within protein binding pockets, a molecular-biology-grade task performed on a 123-qubit system, and reported that quantum-derived results matched classical benchmarks in precision4,11. In March 2026, Cleveland Clinic and IBM published what they describe as the first quantum-classical hybrid simulation of the electronic structure of a 303-atom miniprotein, executed on an IBM Quantum Heron-generation processor, a step toward protein-scale quantum simulation4. A comprehensive 2025 review in Chemical Reviews concluded that while quantum neural networks show theoretical promise for molecular property prediction and molecule generation, most current quantum machine learning models in drug discovery have not yet demonstrated a definitive computational advantage over classical methods, a caveat the authors describe as characteristic of a still-nascent field5.
Beyond electronic structure calculations, quantum algorithms such as the Quantum Approximate Optimization Algorithm (QAOA) and quantum annealing are being applied to combinatorial problems in drug development, including selecting diverse, high-likelihood compound libraries within a fixed research budget and optimizing multi-arm clinical trial designs3. Investigators have also proposed combining AI-driven generative chemistry with quantum-computed molecular properties, for example in a published case study modeling collagen toxicity, arguing that the pairing could shorten preclinical development and screening timelines12. Industry analyses project the quantum computing drug-discovery market to grow from roughly $126 million in 2025 to $638 million by 2035, reflecting substantial commercial investment despite the field's early stage4.
4. Quantum Machine Learning and Artificial Intelligence in Clinical Care
Artificial intelligence already assists clinicians with tasks such as reading radiologic images, flagging sepsis risk, and triaging pathology slides. Quantum machine learning asks whether replacing or augmenting the mathematical core of these AI systems with quantum circuits could improve performance on the kind of complex, high-dimensional, and often imbalanced data sets common in health care6,13. A 2026 systematic review identified 94 primary studies on QML in health care published between 2020 and April 2025, noting a sharp increase in publication activity after 2023 and concluding that the field is expanding rapidly even though most studies still rely on simulated rather than physical quantum hardware6. A related survey of more than 60 studies reported a similar pattern, finding that roughly 81 percent of the QML-in-medicine literature it reviewed was published in just the three most recent years, and that small dataset sizes and limited access to real quantum processors remain persistent constraints13.
One actively studied application is quantum-enhanced explainable AI (XAI) for precision medicine. A November 2025 survey proposed a taxonomy of hybrid quantum-explainable methods and demonstrated two illustrative case studies, predicting doxorubicin-induced cardiotoxicity and forecasting pre-symptomatic flares of inflammatory bowel disease, using variational quantum circuits paired with interpretability techniques such as SHAP14,15. The rationale for pairing quantum methods with explainability tools is that clinicians and regulators are unlikely to trust opaque predictions, quantum or classical, without some account of which features drove a given output.
Other proposed uses include quantum-assisted computational epidemiology, where quantum algorithms applied to large population data sets could, in theory, support more precise modeling of disease spread to aid public health planning, and quantum optimization for hospital resource management and treatment scheduling16. Quantum federated learning, in which multiple hospitals train a shared model without pooling raw patient data, has also been proposed as a way to preserve privacy while still benefiting from quantum-enhanced pattern recognition across institutions17. As with drug discovery, the evidence base for these applications remains mostly theoretical or based on small pilot studies rather than large, prospective clinical validation.
5. How Quantum Physics Can Benefit the Practice of Medicine
Drawing the threads above together, several concrete benefits are plausible if current quantum technologies mature as their developers anticipate:
Earlier and more precise diagnosis. Quantum sensors capable of detecting minute magnetic or thermal changes at the cellular level could allow diseases, including some cancers and neurological conditions, to be identified before they produce symptoms or become visible on conventional imaging2,7.
Faster, more accurate drug development. By simulating molecular electronic structure more precisely, quantum computing may help chemists identify promising drug candidates and predict side effects earlier in the pipeline, potentially reducing the time and cost associated with the traditionally lengthy drug development process3,4,12.
Portable, accessible diagnostics. Because some quantum sensors can operate outside a shielded hospital suite and at room or body temperature, they may eventually enable smaller, cheaper diagnostic devices for use in clinics that currently lack access to full-scale MRI or CT equipment1,7.
Better pattern recognition in complex, high-dimensional patient data. Quantum machine learning models are being explored for their theoretical ability to represent complicated, high-dimensional relationships, such as genomic, proteomic, and imaging data considered together, more efficiently than some classical approaches, which could support more individualized, precision-medicine treatment decisions6,13,14.
Secure handling of sensitive health data. Quantum-resistant cryptography and quantum-enhanced security frameworks are being developed specifically to protect health records and hospital networks as classical encryption methods become more vulnerable to future quantum decryption18.
6. Challenges and Limitations
Despite this promise, several obstacles separate today's proof-of-concept studies from routine clinical use. Current quantum computers remain in the noisy intermediate-scale quantum (NISQ) era, meaning they have relatively few qubits and are prone to computational errors that limit the size and complexity of problems they can reliably solve5,6. Most QML research in medicine to date has been performed on classical simulators of quantum circuits rather than on physical quantum hardware, and typically on small data sets, which limits how confidently results can be generalized6,13. A rigorous 2025 review of quantum mechanics in drug design similarly concluded that quantum mechanical methods provide substantial benefits for specific, challenging modeling cases rather than universal improvements across all drug discovery tasks, cautioning against overstating the technology's near-term reach10.
Regulatory and workforce barriers also loom. Applying quantum methods to drug discovery currently requires specialized, multidisciplinary training spanning chemistry, physics, and computer science, a combination that remains scarce. Regulatory bodies such as the U.S. Food and Drug Administration have not yet articulated a clear framework for validating quantum-derived or quantum-AI-derived findings, and the explainability of quantum machine learning models, an active area of research in its own right, will likely need to mature before clinicians and regulators extend the same trust to quantum-assisted tools that they currently place, cautiously, in classical AI systems.
7. Conclusion
Quantum mechanics has quietly underpinned medical imaging for four decades, and it is now poised to extend its reach into diagnostics, drug discovery, and clinical decision support through a second wave of quantum sensors and quantum-enhanced artificial intelligence. The most credible near-term gains lie in quantum sensing, where devices such as NV-diamond magnetometers are approaching commercial deployment for neurological and cardiac applications, and in hybrid quantum-classical chemistry, where quantum processors are beginning to simulate protein-scale systems that were previously intractable. Quantum machine learning applied broadly across clinical AI remains earlier-stage, constrained by limited quantum hardware, small validation data sets, and unresolved questions about interpretability and regulatory oversight. Physicians and health systems should watch this space closely, but for now should treat quantum-enabled medical tools as a promising, rapidly evolving research frontier rather than an established part of clinical practice.
Darlyne Christy Janvier MD, DNP
Boca Raton FL
References
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2. National Institute for Health and Care Research Innovation Observatory. Emerging Applications of Quantum Sensing Technology in Healthcare. NIHR IO; 2025. Accessed July 13, 2026. https://io.nihr.ac.uk/wp-content/uploads/2025/03/NIHR-IO-Quantum-Sensing-Technology-Report_Jan-2025.pdf
3. Kulshreshta M, Mudgal R. Quantum computing in new drug discovery: a comprehensive review. Int J Bioassays Pharm Anal Sci. 2025;14(1):71-90.
4. Morning Glory Sciences. Quantum computing × drug discovery: the 2026 state of the art. Published 2026. Accessed July 13, 2026. https://www.morningglorysciences.com/en/quantum-computing-drug-discovery-2026-en/
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8. Fraunhofer-Gesellschaft. Quantum sensing and imaging. Published January 14, 2025. Accessed July 13, 2026. https://www.fraunhofer.de/en/research/articles-2025/quantum-research/quantum-sensing-and-imaging.html
9. Briegel KD, et al. Optical widefield nuclear magnetic resonance microscopy. Nat Commun. 2025. doi:10.1038/s41467-024-55003-5
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11. How quantum computing is changing molecular drug development. World Economic Forum. Published January 3, 2025. Accessed July 13, 2026. https://www.weforum.org/stories/2025/01/quantum-computing-drug-development/
12. Braga DM, Rawal B. Harnessing AI and quantum computing for revolutionizing drug discovery and approval processes: case example for collagen toxicity. JMIR Bioinform Biotechnol. 2025. Accessed July 13, 2026. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12306909/
13. A survey on quantum machine learning applications in medicine and healthcare. Appl Sci. 2026. doi:10.3390/app16031630
14. Ray S, Bhattacharya P, Mattar EA, Mukhopadhyay A. Coalition of explainable artificial intelligence and quantum computing in precision medicine. Comput Struct Biotechnol J. 2025;27:5234-5251. doi:10.1016/j.csbj.2025.11.031
15. Fusion of quantum computing and explainable AI: a comprehensive survey on transformative healthcare solutions. Inf Fusion. Published online April 19, 2025. Accessed July 13, 2026. https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1566253525002908
16. Quantum algorithms and complexity in healthcare applications: a systematic review with machine learning-optimized analysis. Front Comput Sci. 2025;7:1584114. doi:10.3389/fcomp.2025.1584114
17. Bhatia AS, Kais S, Alam MA. Quantum federated learning in healthcare: the shift from development to deployment and from models to data. IEEE J Biomed Health Inform. Published online August 2025.
18. Gupta K, Saxena D, Rani P, Kumar J, Makkar A, Singh AK, Lee CN. An intelligent quantum cyber-security framework for healthcare data management. IEEE Trans Autom Sci Eng. 2024.

DISCOURS DE COMMÉMORATION DU 50ᵉ ANNIVERSAIRE DE GRADUATION DE LA PROMOTION MÉDICALE 1976 (PM 76)
Chers membres de la Promotion Médicale 1976, Distingués invités, Mesdames, Messieurs:
C'est avec une profonde émotion et une immense gratitude que nous nous réunissons aujourd'hui pour célébrer le cinquantième anniversaire de graduation de la Promotion Médicale 1976 de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l'Université d'État d'Haïti, héritière d'une tradition d'enseignement médical qui remonte à 1861 et qui demeure l'une des plus anciennes institutions universitaires du pays. Cinquante années. Un demi-siècle. Cinquante années de médecine. Cinquante années au service de la vie. Cinquante années au service d'Haïti et, pour beaucoup d'entre nous, au service du monde.
Regardons-nous un instant. Cinquante ans ont passé. Les cheveux ont blanchi, les visages ont été marqués par le temps, mais je retrouve aujourd'hui dans vos regards la même flamme qui nous animait lorsque nous franchissions, jeunes diplômés, les portes de notre Faculté avec nos rêves, nos doutes et notre serment. Cette flamme, le temps ne l'a pas éteinte. Il l'a transformée en expérience, en sagesse et en fidélité à notre vocation. Pour une vie humaine, c'est une maturité accomplie. Pour une promotion de médecins, c'est une histoire collective faite de dévouement, de sacrifices, de réussites, parfois de deuils, mais toujours de fidélité au serment d'Hippocrate.
Si notre promotion célèbre aujourd'hui cinquante années de fidélité à la médecine, elle célèbre aussi avec fierté l'héritage spirituel d’un homme d’exception dont elle porte le nom : le Docteur Jean Price-Mars. Ce choix n'était pas fortuit. Il traduisait la volonté de placer notre parcours professionnel sous le patronage d'une personnalité dont la vie incarne l'excellence, le courage intellectuel et le service de la nation.
Médecin de formation, diplomate de talent, ethnologue, sociologue, historien, éducateur et écrivain visionnaire, Jean Price-Mars a marqué de façon indélébile la pensée haïtienne et caribéenne. Il a démontré qu'un médecin pouvait soigner non seulement les corps, mais aussi les consciences et l'âme d'un peuple. A une époque où l'Occupation américaine d'Haïti (1915-1934) fragilisait notre souveraineté et où une partie des élites doutait encore de la valeur de notre héritage africain, Jean Price-Mars eut l'audace de réhabiliter la dignité de la culture populaire haïtienne. Dans son œuvre magistrale Ainsi parla l'Oncle, il dénonça le « bovarysme collectif » qui poussait certains à renier leur propre identité, et invita les Haïtiens à assumer pleinement leurs racines africaines, leur langue, leurs traditions et leur spiritualité comme fondements de la nation.
Plus tard, dans La Vocation de l'Élite, il lança un appel vibrant aux intellectuels, aux professionnels et aux dirigeants du pays. Il leur rappela que le privilège de l'éducation n'a de sens que s'il s'accompagne d'un devoir de service, de solidarité et de responsabilité envers le peuple. En 1976, lorsque nous quittions les bancs de notre Faculté, Haïti vivait encore sous le régime des Duvalier. Nous étions de jeunes médecins pleins d'espérance, convaincus que la science, la compassion et le travail pouvaient contribuer à bâtir une société meilleure. Aucun d'entre nous n'imaginait alors l'ampleur des bouleversements qui marqueraient les cinq décennies suivantes.
Nous avons été les témoins privilégiés de l'histoire contemporaine d'Haïti. Nous avons connu la fin du duvaliérisme en 1986, les années de transition démocratique, les espoirs nés avec la Constitution de 1987, les coups d'État, les crises économiques, les interventions étrangères et les longues périodes d'instabilité, et plus récemment la grave crise sécuritaire, qui ont profondément éprouvé notre nation. Comment ne pas saluer ici le courage héroïque de nos confrères qui, face au danger et au mépris de leur propre vie, ont refusé de fermer les portes de leurs cliniques ou de fréquenter des hôpitaux, et ont continué à opérer, à accoucher et à panser les blessures de nos patients, dans des conditions d’insécurité extrême ces dernières années ? Durant ces cinquante années, l'économie haïtienne a connu de profondes difficultés. L'exode des cerveaux s'est accéléré. Les infrastructures sanitaires ont été mises à rude épreuve. Pourtant, malgré les contraintes, des générations de médecins ont continué à servir avec courage, souvent dans des conditions extrêmement précaires. Notre pays a également affronté de nombreuses catastrophes naturelles. Les cyclones David et Frédéric en 1979, Jeanne en 2004, Gustav, Hanna et Ike en 2008, Matthew en 2016, ainsi que de multiples tempêtes tropicales ont laissé derrière eux destruction, déplacements de population et urgences sanitaires. Puis vint le 12 janvier 2010. Ce séisme dévastateur, suivi de celui du Grand Sud en août 2021, a profondément meurtri la nation. Des centaines de milliers de vies furent perdues, des établissements hospitaliers détruits, y compris des infrastructures universitaires. Pourtant, dans ces heures sombres, les médecins haïtiens furent parmi les premiers debout. La Faculté de Médecine elle-même dut se reconstruire après le séisme de 2010. A ces catastrophes s'ajouta l'épidémie de choléra survenue quelques mois après le séisme, puis la pandémie mondiale de COVID-19, qui rappela au monde entier combien la santé publique demeure un pilier essentiel de toute société.
Mais si ces cinquante années furent jalonnées d'épreuves, elles furent également extraordinaires sur le plan scientifique. La médecine en effet a connu une révolution. En un demi-siècle, nous avons vu naître l'imagerie moderne, la chirurgie mini-invasive puis robotique, le séquençage du génome humain, la médecine personnalisée, les progrès de la biologie moléculaire et de l'immunologie, la télémédecine, l'intelligence artificielle et les vaccins à ARN messager, autant d'avancées qui auraient semblé relever de la science-fiction lorsque nous quittions cette Faculté en 1976. Nous avons vu apparaître le VIH/SIDA au début des années 1980, semant inquiétude et incompréhension avant que la recherche ne permette d'en faire aujourd'hui une maladie chronique contrôlable, sans oublier la contribution remarquable des chercheurs haïtiens. Nous avons assisté à la quasi-disparition de nombreuses maladies infectieuses grâce aux programmes de vaccination.
L'espérance de vie mondiale s'est allongée, quoiqu’elle stagne encore en Haïti. La médecine est devenue toujours plus précise, plus technologique, mais aussi plus exigeante sur le plan éthique. Au cours de ces décennies, Haïti a continué de former des médecins malgré toutes les difficultés. La Faculté de Médecine et de Pharmacie, tout en se modernisant, est demeurée un symbole de résilience académique et de service à la nation. Notre promotion peut être fière d'avoir accompagné cette évolution. Nombre de nos collègues sont devenus professeurs d'université, chefs de service, chercheurs, administrateurs hospitaliers, directeur général, responsables de santé publique, humanitaires, bâtisseurs d'institutions et fondateurs de centres de santé qui sauvent encore des vies aujourd’hui. D'autres ont choisi le chemin de l'émigration.
A partir des années 1980, puis de façon plus marquée après les crises politiques et les catastrophes naturelles, une importante diaspora médicale haïtienne s'est constituée aux États-Unis, au Canada et en Europe. Loin d'être une rupture avec la mère patrie, cette diaspora est devenue une extension du savoir médical haïtien. Des milliers de médecins haïtiens se sont illustrés dans les universités, les centres hospitaliers, les laboratoires de recherche et les organisations internationales. Ils ont contribué à l'enseignement, à la recherche clinique, à l'innovation médicale, tout en maintenant des liens constants avec Haïti par des missions humanitaires, des financements de programmes de soins et de services, des programmes de formation, des dons d'équipements, des téléconsultations et un accompagnement des jeunes générations. Cette diaspora représente aujourd'hui un formidable capital scientifique et humain que notre pays doit continuer à valoriser.
Beaucoup d'entre eux ont porté très haut le nom de la médecine haïtienne, démontrant que l'excellence scientifique n'a pas de frontières lorsque les racines demeurent vivantes. Notre Promotion PM 76 reflète admirablement cette double fidélité : fidélité à notre pays natal et fidélité à la médecine universelle. Au-delà des sciences, ces cinquante années ont également été riches en événements culturels et sportifs. Nous avons vu le football haïtien atteindre les plus hautes compétitions internationales, notamment la Coupe du Monde de 1974 qui inspira notre jeunesse, puis l'émergence de nouvelles générations d'athlètes dans plusieurs disciplines. Et cinquante-deux ans après, en cette année 2026, le football haïtien est revenu à la Coupe du Monde ! Nous avons assisté à l'explosion des technologies de communication : de la machine à écrire à l'intelligence artificielle, du téléphone fixe aux plateformes numériques reliant aujourd'hui instantanément les médecins de tous les continents. Le monde est devenu un village scientifique. Pourtant, malgré toutes ces avancées, une vérité demeure inchangée : L'intelligence artificielle pourra assister le médecin. Elle ne remplacera jamais son jugement, son regard, son écoute, sa compassion ni la confiance qui unit deux êtres humains lorsque l'un confie sa vie à l'autre. Voilà l'héritage le plus précieux que nous avons reçu de nos maîtres. Voilà aussi celui que nous devons transmettre aux générations montantes.
Plus d'un demi-siècle après sa disparition, le message de Jean Price Mars conserve une étonnante actualité. Face aux crises qui secouent notre pays, il nous rappelle que le véritable développement ne peut être ni importé ni imposé. Il doit s'appuyer sur la connaissance de notre histoire, le respect de notre culture, la valorisation de notre capital humain et la confiance dans les capacités créatrices du peuple haïtien. En choisissant Jean Price-Mars comme patron de notre Promotion, nous avons accepté, consciemment ou non, un héritage exigeant. Celui de conjuguer la rigueur scientifique avec l'humanisme, l'excellence professionnelle avec l'engagement civique, et la médecine avec le service de la communauté.
En ce jour anniversaire, nous avons également une pensée émue pour nos professeurs qui nous ont formés et pour nos trente-trois collègues aujourd'hui disparus. Je vous invite maintenant à vous lever, si vous le pouvez, et à observer une minute de silence en mémoire de nos maîtres, de nos consœurs et confrères disparus, ainsi que de tous ceux qui ont consacré leur existence au service des malades. A nos enfants, à nos petits-enfants, aux étudiants et aux jeunes médecins de la Faculté de Médecine et de Pharmacie, nous voulons transmettre un message simple : N'abandonnez jamais la science. N'abandonnez jamais l'éthique. N'abandonnez jamais Haïti. Car les nations se reconstruisent lorsque leurs élites refusent le découragement. Aujourd'hui, à l'occasion de notre Jubilé d'or, nous renouvelons cet engagement. Nous saluons avec respect la mémoire de ce géant de la pensée haïtienne, dont la voix continue d'éclairer notre conscience nationale et d'inspirer toutes celles et tous ceux qui croient qu'une médecine authentique ne peut être dissociée de la dignité humaine, de la justice sociale et de l'amour de la patrie. A Jean Price-Mars, notre maître en humanisme, notre modèle de savoir et de patriotisme, nous exprimons aujourd'hui notre profonde reconnaissance et notre fidèle hommage.
Chères consœurs, Chers confrères de la Promotion Médicale 1976, Notre jubilé d'or n'est pas seulement une célébration du passé. Il est un engagement renouvelé envers les générations futures. Nous avons traversé cinquante années d'histoire. Puissions-nous continuer, chacun selon ses forces, à servir la médecine, à soutenir notre Faculté, à accompagner notre diaspora et à contribuer au relèvement de notre chère Haïti. Puisse notre Promotion continuer d'être, pour ceux qui nous succéderont, le témoignage qu'une vie consacrée à la médecine est aussi une vie consacrée à la dignité humaine, au savoir, à la solidarité et à l'espérance.
Que vive la Promotion Médicale 1976!
Que vive la Faculté de Médecine et de Pharmacie !
Que vive l'Université d'État d'Haïti! Et que Dieu bénisse Haïti!
Je vous remercie.
Dr Georges Dubuche.
Port-au-Prince, Haiti


Les idées se changent en vraies forces naturelles,
Alexandrins des conflits dans la nature.
Les saisons ont leurs turbulences, leurs tourments,
Des tempêtes de neige de l'hiver glaçant,
Au déluge des eaux en furie d'ouragans,
Au gré des feux de forêts même en plein printemps,
La nature a ses crises de tempérament.
Certains drames laissent l’humain indifférent,
Face à des détresses aux spectacles désolants
Telle la lutte épique d'un vrai combattant
Celle du roseau contre la fureur du vent
il ne demande pas du ciel un changement
IL s’adapte, ignorant le pourquoi, le comment
Des grands évènements, des bouleversements
Du climat terrestre et de son réchauffement
IL voit l' atmosphère devenir plus violent
IL ressent les effets sans savoir jusqu'à quand ??? .
IL se soucie de la tactique du moment.
L'instinct de conservation face aux éléments
Déclenche le code d'agissements urgents
Le destin se décide ici et maintenant
L' instant crucial n'attend point de geste hésitant ,
La seule règle est la protection du vivant
Le danger pressant est l'immédiat du présent .
Son repli est aussi pratique qu' intelligent ;
IL courbe l'échine sous le fardeau pesant ,
Loin de céder , il sert de filtre au contretemps
Sa souplesse le forge en guerrier résilient
C'est la stratégie sûre du roseau pensant
Sa volonté de survie transcende le temps
La fable immortalise, du roseau, le chant
Jumelé à celui de la Flûte de Pan.
Jean Serge Dorismond MD.
Fort Lauderdale USA.
31 août 2025

Le Silence du Guerrier
J’aime à garder le silence
A l’ombre de tout regard,
J’aime à rêver dans la pénombre,
A la recherche d’une solution.
Je me perds en réflexions,
Et je replonge dans mon enfance.
Pour mieux assimiler les leçons apprises,
Sous la tutelle de parents exceptionnels.
Je contemple les fruits de mon existence
Et je revois à travers ma progéniture
Ceux qui essayent de clamer un succès
Que beaucoup ont déjà apprécié.
J’observe en silence
Pour mieux atteindre mes buts.
En guise d’inspirations
Sans jamais me décourager.
Je vaux ce pesant d’or
Que nul ne saurait accaparer.
Je suis la voix de mon Être
Comment pourrais-je devenir opportuniste ?
Mon infortune est providentielle et passagère.
Dieu m’a doté de la faculté de créer
Afin d’œuvrer pour les autres
Sans jamais demander en retour.
Tu es ma conscience et mon salut.
Les jours ne se ressemblent jamais.
Tu représentes ma destinée…
Puisses-tu guider mes pas vers l’Eternité.
Je suis la conscience humaine
Toujours prête à divulguer la vérité,
Je suis un chasseur inlassable
Que rien ne peut dérouter
Maxime J-M Coles MD
Boca Raton, FL
(4-1-2020)





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